L’actu décryptée Violences du 17 octobre, lycées, Parcoursup : ce que disent les candidats 31 octobre 2026

Débats · 27 août 2026

Premier débat de la présidentielle : les sept candidats devant le Medef

Premier débat de la campagne présidentielle 2027, à l'université de rentrée du Medef. Sept candidats répondent pendant trois heures aux questions de cinq chefs d'entreprise sur la dette et les retraites, la réindustrialisation, le coût du travail, les normes et la fiscalité.

Court Philippe-Chatrier, Roland-Garros (Paris) · organisé par Medef et LCI · 3 h 04 · voir la vidéo intégrale (LCI)

3 h 04de débat, 7 candidats
68grandes idées relevées, chacune avec sa citation et la seconde exacte de la vidéo
151affirmations confrontées aux sources, toutes les affirmations vérifiables des candidats
72 %exactes ou plutôt exactes, tous candidats confondus

Le débat en un tableau

CandidatTemps de paroleGrandes idées Affirmations vérifiéesExactes ou plutôt exactesTrompeuses ou fausses
Gabriel AttalRenaissance 22:43 9 23 65 % 35 %
Raphaël GlucksmannPlace publique 21:50 10 18 78 % 22 %
Marine Le PenRassemblement national 22:09 10 17 65 % 35 %
Jean-Luc MélenchonLa France insoumise 23:32 10 32 56 % 44 %
Édouard PhilippeHorizons 23:54 9 16 94 % 6 %
Bruno RetailleauLes Républicains 21:13 10 18 67 % 33 %
Marine TondelierLes Écologistes 22:08 10 25 92 % 8 %

Ordre alphabétique, pas un classement. Les parts portent sur les affirmations vérifiables de ce seul débat : avec peu d’affirmations, une part reste fragile. Le classement de fiabilité réunit toutes les vérifications systématiques.

Thème par thème : qui a dit quoi

Chaque séquence du débat, et ce que chaque candidat y a défendu, côte à côte. Les vérifications des affirmations prononcées pendant la séquence suivent.

De 5:35 à 22:15 · voir la séquence dans la vidéo

Raphaël Glucksmann

Un contrat patriotique en trois axes

« bâtir à nouveau une société de travailleurs et non plus une société de rentiers et d’héritiers » 9:34

Jean-Luc Mélenchon

Le déficit, somme des cadeaux fiscaux

« le total du déficit aujourd’hui, c’est le total des cadeaux fiscaux qui ont été faits » 16:29

Le retour de l’État et la planification écologique

« Je crois à l’État, le retour de l’État et avec lui la planification écologique » 16:40

Édouard Philippe

Des comptes en ordre sans hausse d’impôts

« non pas en augmentant les impôts, mais en acceptant collectivement de travailler plus » 11:42

Formation et infrastructures pour la compétitivité

« une grande politique d’infrastructure » 12:31

Bruno Retailleau

Un État au service des entreprises

« c’est pas les entreprises qui doivent être au service de l’État, c’est l’État qui doit être au service des entreprises » 6:46

Marine Tondelier

L’écologie, condition de la liberté

« l’écologie est la condition de la liberté » 20:07

Vérifié pendant cette séquence 9

  • Plutôt vrai

    Bruno Retailleau 6:17 · Budget et dette

    « C'est un état voraace qui dévore plus de 57 % de la richesse des Français »

    Le chiffre est exact : l'Insee mesure des dépenses des administrations publiques à 57,3 % du PIB en 2025. Mais ce ratio ne dit pas que l'État « dévore » cette part de la richesse : une grande partie de ces dépenses sont des transferts (retraites, prestations)…

    La vérification complète, sources comprises
  • Plutôt faux

    Bruno Retailleau 7:18 · Budget et dette

    « les taux d'intérêt n'ont jamais été aussi élevés »

    Les taux montent fortement : l'emprunt d'État à 10 ans a dépassé 4,10 % à la mi-août 2026, son plus haut niveau depuis 2008. Mais « jamais » est faux : ces taux dépassaient 15 % au début des années 1980 et restaient au-dessus de 8 % au début des années 1990.

    La vérification complète, sources comprises
  • Plutôt vrai

    Raphaël Glucksmann 8:46 · Industrie et commerce

    « D'un côté, on célèbre l'ouverture d'un parc Dragon Ball Z financé par l'Arabie Saoudite en France. »

    Le projet existe : un protocole d'accord a été signé le 24 août 2026 pour un investissement saoudien de 6 milliards d'euros (fonds souverain PIF, via Qiddiya Investment Company) dans trois parcs à thème à Cergy-Pontoise, dont un consacré aux mangas et…

    La vérification complète, sources comprises
  • Vrai

    Raphaël Glucksmann 8:55 · Industrie et commerce

    « on enterre le projet de Giga Factory de fausse surmer qui devait produire 10 millions de panneaux photovoltaïques par an et créer des milliers d'emplois »

    La société Carbon a officiellement renoncé le 19 mai 2026 à son usine de Fos-sur-Mer, quelques jours après sa liquidation judiciaire. Le projet, évalué à 1,5 milliard d'euros, visait une capacité de 5 GW par an, soit environ 10 millions de panneaux, et 3 000…

    La vérification complète, sources comprises
  • Trompeur

    Jean-Luc Mélenchon 16:27 · Budget et dette

    « le total du déficit aujourd'hui, c'est le total des cadeaux fiscaux qui ont été faits »

    Les baisses d'impôts pèsent lourd, mais n'expliquent pas tout le déficit. Selon la Cour des comptes, les mesures fiscales adoptées depuis 2017 réduisent les recettes d'environ 62 milliards d'euros par an (2,2 points de PIB), alors que le déficit public…

    La vérification complète, sources comprises
  • Plutôt vrai

    Gabriel Attal 17:46 · Travail et emploi

    « La baisse du chômage jusqu'en 2024 »

    Le taux de chômage a nettement baissé après son pic de 2015 jusqu'à 7,1 %, son plus bas depuis 1982, fin 2022 et début 2023. Il est ensuite resté à peu près stable en 2024 (7,3 % au quatrième trimestre), avant de remonter : 8,1 % au premier trimestre 2026 et…

    La vérification complète, sources comprises

Et 3 autres, dans la liste complète des vérifications plus bas.

Les grandes idées de chaque candidat

Ce que chaque candidat a défendu pendant le débat, dans l’ordre où les idées ont été exprimées. Le résumé est rédigé par Au crible ; chaque citation figure mot pour mot dans les sous-titres automatiques de la vidéo, parfois approximatifs, et renvoie à la seconde où elle est prononcée : la vidéo fait foi.

Bruno Retailleau

10 idées · 21:13 de parole · Les Républicains

  1. Un État au service des entreprises

    Pour Bruno Retailleau, le premier problème des entreprises n’est ni la concurrence ni la technologie mais l’État « bureaucratique » : il faut une « rupture » plutôt que des réformes.

    « c’est pas les entreprises qui doivent être au service de l’État, c’est l’État qui doit être au service des entreprises » 6:46

  2. Un âge légal de départ lié à l’espérance de vie

    Âge légal assumé, âge de départ indexé sur l’espérance de vie à la retraite (une disposition prévue sous François Fillon et jamais activée), étage de capitalisation pour les générations futures.

    « lier l’âge de la retraite et l’espérance de vie à la retraite » 1:01:35

  3. Moins de fonctionnaires, le statut réservé au régalien

    Retour à l’équilibre en cinq ans par « plus de travail, moins de dépenses publiques » : 250 000 à 300 000 fonctionnaires de moins, le contrat plutôt que le statut hors régalien, des agences supprimées ou tenues de justifier leur existence tous les trois ans.

    « Le statut, ça sera pour le régalien. Le contrat, ça sera pour les autres » 1:02:22

  4. Fin des subventions aux renouvelables, priorité au nucléaire

    Les énergies renouvelables, « parvenues à maturité », ne seraient plus subventionnées ; suppression de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) pour faire baisser le prix de l’électricité de 10 %.

    « on arrête de les subventionner » 1:35:20

  5. Déréglementer plutôt que simplifier

    Une centaine de normes supprimées par ordonnance dès les premières semaines, une loi organique interdisant la surtransposition des directives européennes, une révision de la Constitution pour abroger le principe de précaution.

    « Je ne parlerai plus de simplification, on doit assumer la déréglementation » 1:37:14

  6. Zéro cotisation au-delà de 35 heures

    Charges allégées dès la première heure, puis aucune cotisation, ni salariale ni patronale, à partir de la 36e heure hebdomadaire, pour les salariés qui acceptent de travailler une demi-heure de plus par jour.

    « il y a zéro cotisation, ni salariale ni patronale, zéro » 1:56:52

  7. Plafonner le cumul des aides sociales

    Pour creuser l’écart entre travail et inactivité : plafonnement du total des prestations sociales, l’assurance chômage, assurantielle, étant mise à part.

    « plafonner à 70 % le total des prestations » 1:57:38

  8. Logement social pour ceux qui travaillent, aide aux jeunes parents

    Logement social réservé aux actifs, prise en charge par l’État des intérêts d’emprunt immobilier des jeunes parents (50 % au premier enfant, 75 % au deuxième, 100 % au troisième), dons familiaux exonérés jusqu’à 150 000 euros pour se loger.

    « il faudra réserver le logement social à ceux qui travaillent » 2:21:06

  9. 40 milliards de baisse de charges et d’impôts de production

    Cotisations et impôts de production (CVAE, CFE, forfait social notamment) baissés de 40 milliards dès les premiers mois puis gelés cinq ans ; pacte Dutreil maintenu et transmission en ligne directe sans impôt tant que l’entreprise n’est pas vendue.

    « Je veux réduire de 40 milliards dès les premiers mois » 2:40:52

  10. Sortir des 35 heures par le dialogue social

    Chaque entreprise ou branche fixerait sa durée du travail et ses règles avec ses salariés, autour d’une cinquantaine de principes fondamentaux du code du travail.

    « Je vous rendrai la liberté, la liberté de choisir » 3:03:04

Raphaël Glucksmann

10 idées · 21:50 de parole · Place publique

  1. Un contrat patriotique en trois axes

    Révolution écologique, société de travailleurs plutôt que de rentiers et d’héritiers, révolution technologique : la souveraineté comme fil conducteur.

    « bâtir à nouveau une société de travailleurs et non plus une société de rentiers et d’héritiers » 9:34

  2. Abroger la réforme, en bâtir une fondée sur la pénibilité

    La réforme de 2023, jugée injuste, serait abrogée ; une nouvelle réforme permettrait à ceux qui ont eu les métiers les plus durs de partir plus tôt.

    « il faudra la fonder sur la pénibilité » 43:54

  3. La dette vient de la désindustrialisation

    Des économies, une taxation des plus hauts patrimoines et un État plus sobre, mais surtout le retour des usines.

    « Vous voulez résorber la dette et bien il faut rapatrier des usines » 45:43

  4. Acheter européen et imposer des mesures miroirs

    Réserver les 2 000 milliards de commande publique européenne aux productions européennes, imposer aux importations les normes exigées des producteurs européens.

    « On arrête d’acheter Chinois avec l’argent des contribuables européens » 1:23:20

  5. Choisir des filières et miser sur l’IA

    Fin du saupoudrage : des filières stratégiques contrôlées de bout en bout et un « projet Manhattan » européen sur l’intelligence artificielle.

    « il va falloir qu’on mise sur l’innovation » 1:24:12

  6. Baisser la CSG sur les salaires grâce aux méga-héritages

    Le patrimoine des Français vient aujourd’hui aux deux tiers de l’héritage : une « héritocratie » à corriger, sans casser le modèle social ni creuser la dette.

    « on baisse la CSG sur les salaires pour les salariés » 1:53:24

  7. Un nouveau pacte social

    Meilleurs salaires, conditions et santé au travail, voix plus forte des salariés dans l’entreprise, sur le modèle allemand.

    « ce qu’il nous faut, c’est un nouveau pacte social » 1:54:31

  8. Trier les normes, un guichet unique

    Garder les normes qui protègent la santé et l’environnement, supprimer celles qui ne servent à rien, un seul interlocuteur pour les projets.

    « il y a de la bonne norme, il y a de la mauvaise norme » 2:29:36

  9. Investir massivement dans la transition

    Leasing social élargi, rénovation thermique des écoles, électrification : 70 milliards sont allés aux énergies fossiles en 2021-2022 quand 8 milliards libéreraient les ménages de la dépendance au pétrole.

    « La seule manière d’être économe aujourd’hui, c’est d’investir dans la transition écologique massivement » 2:32:27

  10. Encadrer le pacte Dutreil pour les très grandes transmissions

    Les PME et ETI ne seraient pas concernées ; des conditions pour mettre fin à l’optimisation fiscale des plus gros héritages, comme le fait l’Allemagne au-delà de 50 millions d’euros.

    « Elle touche les méga héritages » 2:47:04

Édouard Philippe

9 idées · 23:54 de parole · Horizons

  1. Des comptes en ordre sans hausse d’impôts

    Pour Édouard Philippe, les comptes publics doivent être redressés en travaillant collectivement davantage, pas en augmentant les impôts.

    « non pas en augmentant les impôts, mais en acceptant collectivement de travailler plus » 11:42

  2. Formation et infrastructures pour la compétitivité

    L’apprentissage et la formation présentés comme un déterminant essentiel de la compétitivité, et des investissements massifs dans les infrastructures pour s’adapter au changement climatique.

    « une grande politique d’infrastructure » 12:31

  3. Tenir la parole de la France sur la dette

    Refus net de toute annulation de dette, jugée « extrêmement dangereuse », et une règle contraignant le Parlement à respecter l’équilibre des finances publiques, à la manière d’une règle d’or.

    « La France, elle a une parole, elle la tient » 31:12

  4. Travailler plus longtemps, selon les métiers

    La France consacre trois points de PIB de plus que l’Allemagne à ses retraites : il faudra travailler plus longtemps, davantage pour ceux qui le peuvent, en tenant compte de la réalité des métiers. Aucun âge n’est avancé.

    « nous allons devoir travailler plus longtemps » 33:45

  5. Un moratoire sur les nouvelles normes

    Une pause normative une fois le premier budget adopté, des ordonnances de suppression et l’interdiction de surtransposer les textes européens.

    « nous devrons proposer un moratoire normatif » 1:17:35

  6. Parler le langage de la puissance face à la Chine

    Obliger les entreprises chinoises à produire dans la zone euro pour y vendre, durcir les règles sur les petits colis, achever le marché commun et l’union des marchés de capitaux.

    « arrêter la forme de naïveté consistant à dire que il suffit d’avoir des échanges avec la Chine pour que tout aille bien » 1:19:50

  7. Ne plus faire reposer la protection sociale sur le seul travail

    Pour rapprocher le brut du net : contenir d’abord la dépense sociale, puis élargir le financement de la protection sociale à toute la population plutôt qu’aux seuls actifs.

    « faire en sorte que toute la population contribue au financement de la protection sociale » 1:51:54

  8. 50 milliards d’impôts de production contre 50 milliards d’aides

    Suppression de 50 milliards d’impôts de production, assis sur la masse salariale ou le chiffre d’affaires, financée par la suppression de 50 milliards d’aides aux entreprises.

    « supprimer 50 milliards d’impôts de production et de le financer par la suppression de 50 milliards d’aide aux entreprises » 2:36:06

  9. Pacte Dutreil intouché, fin de la surtaxe des grandes entreprises

    Aucun changement au pacte Dutreil, pour protéger les entreprises familiales, et fin de la surtaxe d’impôt sur les sociétés des grandes entreprises.

    « la fin de la surtaxe pour les grandes entreprises parce que cet impôt provisoire doit cesser » 2:37:25

Marine Le Pen

10 idées · 22:09 de parole · Rassemblement national

  1. Un État qui réduit d’abord son propre train de vie

    La dette sera remboursée, une règle d’or inscrite dans la Constitution et 125 milliards d’euros d’économies présentés : agences, coût de l’immigration pour la protection sociale, contribution nette à l’Union européenne limitée à 5 milliards.

    « le premier qui doit faire un effort, c’est l’État et il doit baisser drastiquement son train de vie » 35:32

  2. L’emploi des jeunes avant tout

    Le taux d’emploi, trop bas surtout chez les jeunes, est la priorité : soutien massif à l’apprentissage et à l’alternance, et suppression des cotisations retraite et chômage pour qui continue de travailler après avoir ses trimestres.

    « ma première préoccupation, c’est d’augmenter le taux d’emploi des jeunes » 38:39

  3. Départ à 60 ans après 40 ans de cotisation pour qui a commencé tôt

    Un premier emploi avant 20 ans : 40 ans de cotisation et départ à 60 ans ; puis progressivement jusqu’à 42 ans de cotisation et 62 ans pour un premier emploi à 24 ans et demi. Coût annoncé : 9 milliards par an.

    « cotiseront 40 ans et partiront à 60 ans » 39:14

  4. Chaque usine traitée en projet d’intérêt national majeur

    Toute implantation industrielle bénéficierait de normes allégées et de délais réduits, avec un effort sur les 150 000 hectares de friches déjà artificialisées.

    « on va faire de l’exception la norme » 1:06:05

  5. Supprimer les impôts de production

    Suppression de la C3S, de la CVAE et de la CFE, réflexion sur un impôt sur les sociétés progressif pour les très petites entreprises, suramortissement pour la robotisation et la numérisation, suppression de 130 petits impôts.

    « Les impôts de production, c’est l’ennemi de la réindustrialisation » 1:07:02

  6. La commande publique orientée vers les entreprises installées en France

    Un critère de territorialité, et non de nationalité (interdit par le droit européen), pour orienter les 200 milliards annuels de commande publique.

    « il y a un critère de territorialité » 1:07:28

  7. Baisser la facture d’énergie plutôt que le coût du travail

    Pas de nouvelle baisse du coût du travail dans la situation budgétaire actuelle (les exonérations existantes sont maintenues) ; TVA ramenée de 20 % à 5,5 % sur l’électricité, le gaz et le fioul, puis retour à un prix de l’électricité fondé sur le coût de production français.

    « faire baisser massivement le coût de l’énergie » 2:05:07

  8. Non à la TVA sociale

    Une hausse de la TVA pour financer la protection sociale ferait baisser le pouvoir d’achat des retraités, des chômeurs et des jeunes sans emploi.

    « elle ne l’est pas du tout pour les retraités » 2:05:53

  9. Revenir à la norme européenne minimale par ordonnances

    Non pas une centaine mais des milliers de « surnormes » à supprimer, en revenant au minimum exigé par l’Union européenne, sur la base de listes établies avec les filières.

    « ce sont des milliers de surnormes » 2:24:17

  10. Un pacte Dutreil conditionné à dix ans en France

    Le pacte Dutreil est maintenu, mais l’avantage fiscal serait perdu si l’entreprise transmise est revendue ou délocalisée avant dix ans.

    « rester tout de même 10 ans à produire sur le territoire national » 2:43:56

Jean-Luc Mélenchon

10 idées · 23:32 de parole · La France insoumise

  1. Le déficit, somme des cadeaux fiscaux

    Supprimer toutes les aides aux entreprises effacerait, selon Jean-Luc Mélenchon, le déficit de l’État ; il n’y aura plus aucune aide sans contrepartie.

    « le total du déficit aujourd’hui, c’est le total des cadeaux fiscaux qui ont été faits » 16:29

  2. Le retour de l’État et la planification écologique

    Face au climat, au risque de crise financière et à la bascule du monde vers l’Asie, Jean-Luc Mélenchon oppose la planification écologique et un pôle public de crédit aux baisses d’impôts et de cotisations, appliquées depuis vingt ans sans résultat.

    « Je crois à l’État, le retour de l’État et avec lui la planification écologique » 16:40

  3. Annuler la dette détenue par la BCE, à l’échelle européenne

    La proposition vise la seule dette française détenue par la Banque centrale européenne, à négocier avec d’autres pays de la zone euro ; les créanciers privés ne sont pas visés « à cette étape ».

    « Je parle de la dette de la France auprès de la Banque centrale européenne » 28:34

  4. Des filières industrielles fixées par l’État

    Textile, bois, énergies marines, avion spatial, santé : l’État fixe les objectifs ; une filière professionnelle du CAP à la licence professionnelle.

    « nous pouvons reconstituer une industrie textile dans notre pays » 1:09:22

  5. Retour à 62 ans, puis à 60 ans

    Abrogation de la dernière réforme des retraites, retour à 62 ans dans un premier temps avec l’objectif de 60 ans ; le temps libre des retraités est présenté comme du travail civique, familial et associatif.

    « nous reviendrons dans un premier temps à 62 ans » 1:12:40

  6. Désobéir aux règles européennes contraires au programme

    Changer les traités pour sortir du libre-échange, contrôler strictement les investissements étrangers et désobéir à ce qui contredit le programme voté par les Français.

    « nous désobéirons » 1:44:50

  7. Augmenter le SMIC pour éviter la récession

    La consommation populaire représente 55 % du PIB : sans hausse des salaires, la France tomberait en récession.

    « Il faut augmenter le SMIC » 1:46:02

  8. Rétablir les cotisations, jamais de TVA sociale

    Les exonérations de cotisations compensées par l’État seraient progressivement supprimées en trouvant d’autres recettes ; refus de la TVA sociale et de la retraite par capitalisation.

    « Moi jamais la TVA sociale » 2:17:20

  9. Nationaliser ArcelorMittal

    Reprendre la sidérurgie, dont la nationalisation a été votée par l’Assemblée nationale : sans acier, pas de réindustrialisation.

    « pas d’acier, pas de réindustrialisation dans ce pays » 2:39:35

  10. Taxer davantage les dividendes que l’investissement

    Un impôt sur les sociétés progressif, plus lourd sur les bénéfices distribués que sur les bénéfices réinvestis, et une contribution des grands groupes qui paient peu d’impôt.

    « on taxerait davantage ce qui part dans la finance que ce qui va dans l’outil de production » 2:59:05

Gabriel Attal

9 idées · 22:43 de parole · Renaissance

  1. Moins de 3 % de déficit en 2032, l’équilibre en 2037

    L’essentiel des économies doit porter sur la dépense sociale, majoritaire dans la dépense publique ; l’intelligence artificielle et moins de collectivités pour réduire le coût des administrations.

    « revenir sous les 3 % en 2032 et à l’équilibre en 2037 » 46:45

  2. Un nouveau système de retraite avec capitalisation

    La réforme de 2023 reprendrait son calendrier après la suspension, puis un système universel fondé sur la durée de cotisation, avec un vrai pilier de capitalisation.

    « un système libre qui se fonde sur la durée de cotisation » 49:29

  3. Une simplification « à la Notre-Dame » sur tout le territoire

    Les règles d’exception de la reconstruction de Notre-Dame étendues à toute la France, un seul recours par projet tranché en 18 mois au plus, le silence de l’administration valant accord au bout de deux mois, inscrits dans la Constitution.

    « c’est un seul recours sur la globalité du projet » 1:27:50

  4. Un « spoils system » à la française

    Nommer à la tête des administrations des responsables chargés d’appliquer le programme du président élu, pour changer la culture administrative.

    « des personnes qui ont le mandat politique d’appliquer le programme politique » 1:29:02

  5. Une constitution du travail de 50 pages

    Remplacer le code du travail par un texte de grands principes écrit avec les partenaires sociaux, le reste étant négocié dans les branches et les entreprises.

    « une constitution du travail de 50 pages avec les grands principes » 1:29:48

  6. Annuler les hausses du coût du travail, baisser les charges salariales

    Revenir sur les hausses intervenues depuis 2024, puis baisser les charges salariales pour rapprocher le net du brut, grâce à des économies sur la sphère sociale.

    « revenir sur ces hausses du coût du travail qui sont intervenues depuis 2024 » 1:41:06

  7. Relancer le logement et l’accession à la propriété

    Un vrai statut du bailleur privé, des règles de construction simplifiées, la main aux maires sur l’attribution des logements sociaux, la possibilité pour les locataires HLM d’acheter leur logement.

    « permettre aux Français qui sont dans le logement social depuis des années d’acheter leur logement social » 2:16:05

  8. Une loi de programmation fiscale sur dix ans

    Stabilité fiscale garantie : crédit d’impôt recherche et pacte Dutreil intouchés, CVAE baissée ; Gabriel Attal revendique la baisse de l’impôt sur les sociétés de 33 % à 25 % et la suppression de l’ISF.

    « une loi de programmation fiscale et économique » 2:54:05

  9. Miser sur l’innovation pour la croissance

    Seule la productivité fait progresser durablement les salaires : avec la trajectoire américaine depuis 2000, le salaire médian serait de 3 300 euros nets au lieu de 2 200.

    « faire grandir le gâteau » 2:58:01

Marine Tondelier

10 idées · 22:08 de parole · Les Écologistes

  1. L’écologie, condition de la liberté

    Pour Marine Tondelier, l’inaction climatique coûte plus cher que l’action : une journée de canicule coûte à l’économie autant qu’une demi-journée de grève.

    « l’écologie est la condition de la liberté » 20:07

  2. Abroger la réforme des retraites

    Abrogation de la réforme, adoptée de manière « illégitime », et critique de la suppression de quatre critères de pénibilité.

    « sur la retraite j’abroge la réforme » 54:52

  3. Sauver l’acier d’ArcelorMittal

    Sans les sites d’ArcelorMittal, la France dépendrait de la Chine et des États-Unis pour son acier.

    « on aura besoin de cet acier » 1:32:56

  4. Un protectionnisme européen bas carbone

    Quotas de matériaux bas carbone dans la commande publique, aide aux usines implantées en Europe, extension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.

    « il faut des quotas de matériaux bas carbone dans la commande publique » 1:33:18

  5. Une électricité compétitive et stable, avec les renouvelables

    Le coût de l’énergie, plus que celui du travail, pèse sur les entreprises ; Marine Tondelier rejette tout moratoire sur les renouvelables.

    « il faut qu’on adopte un prix de l’électricité qui soit compétitif et stable » 1:33:55

  6. Plus de recherche publique

    Les entreprises françaises consacrent 1,4 % du PIB à la recherche et développement, contre 2 % en Allemagne et 2,8 % aux États-Unis : une recherche publique forte pour entraîner la recherche privée.

    « c’est un vrai critère de compétitivité et qu’on est en retard » 1:34:27

  7. Contre le durcissement de l’assurance chômage

    Douze mois d’indemnisation ne laissent pas le temps de se former aux métiers de la transition écologique.

    « c’est trop court pour se projeter vers un métier d’avenir » 1:59:41

  8. Un SMIC à 2 000 euros bruts et un plan pour les TPE et PME

    En contrepartie : taux réduit d’impôt sur les sociétés abaissé, prêt à taux zéro pour décarboner, guichet unique pour la transition, crédit d’impôt recherche recentré sur les PME et ETI, meilleur partage de la valeur avec les sous-traitants.

    « un SMIC à 2000 € bruts » 2:01:18

  9. L’État ne doit plus demander ce qu’il sait déjà

    Simplifier les démarches administratives des citoyens et des entreprises, sans confondre simplification et dérégulation environnementale.

    « L’État ne devrait pas vous demander une information qu’il a déjà » 2:10:26

  10. Une fiscalité plus juste pour les PME

    Les PME paient un impôt sur les sociétés implicite de 21 % contre 14 % pour les grandes entreprises ; pacte Dutreil recentré sur la transmission familiale, avantage fiscal aux entreprises vertueuses.

    « Favoriser la transmission familiale mais pas servir d’optimisation fiscale » 2:51:56

Points d’accord et de désaccord

Ce débat a duré trois heures et sautait d'un sujet à l'autre. Voici, sujet par sujet, ce sur quoi les sept candidats se sont rejoints et ce qui les a séparés, avec leurs mots. Les citations viennent de la retranscription automatique publiée plus bas : elles gardent ses imperfections, mais pas un mot n'a été ajouté.

Ce sur quoi ils se rejoignent

  1. Baisser les impôts qui pèsent sur la production

    Trois candidats sur sept veulent supprimer ou réduire massivement les impôts de production (CVAE, CFE, C3S). Le désaccord ne porte pas sur le principe mais sur le montant et sur ce qu'on supprime en face pour le financer.

    • Édouard Philippe : « supprimer 50 milliards d’impôts de production »
    • Marine Le Pen : « il faut supprimer évidemment la CVAE, il faut supprimer la CFE »
    • Bruno Retailleau : « Je veux réduire de 40 milliards dès les premiers mois »
  2. Produire davantage en France et en Europe

    C'est le point le plus consensuel du débat, de l'extrême droite aux écologistes : tous veulent relocaliser, même si les outils diffèrent, de la commande publique fléchée aux quotas de matériaux bas carbone.

    • Raphaël Glucksmann : « il faut rapatrier des usines »
    • Marine Le Pen : « Il faut que la commande publique soit fléché vers les entreprises présentes territorialement en France »
    • Marine Tondelier : « il faut des quotas de matériaux bas carbone dans la commande publique »
  3. Ne plus ajouter de règles françaises au droit européen

    La surtransposition, c'est-à-dire ajouter des contraintes nationales à une directive européenne, est rejetée aussi bien à droite qu'au centre. Seule la méthode change : loi organique pour l'un, engagement pour l'autre.

    • Bruno Retailleau : « Pas de surtransposition européenne »
    • Édouard Philippe : « il faut s’interdire de surtransposer »
  4. Rapprocher le salaire net du salaire brut

    Faire monter ce que touche le salarié sans augmenter le coût pour l'employeur revient à déplacer le financement de la protection sociale. Deux candidats le proposent ; l'un des deux dit aussitôt qu'il faudra le compenser.

    • Gabriel Attal : « sur les charges salariales »
    • Édouard Philippe : « on doit essayer de rapprocher le brut du net »

Ce qui les sépare

  1. Travailler plus longtemps, ou non

    C'est la ligne de fracture principale du débat. Trois candidats assument un âge de départ plus tardif ou un changement de système ; les autres refusent d'en faire le levier, en opposant l'emploi des jeunes ou la pénibilité.

    • Édouard Philippe : « nous allons devoir travailler plus longtemps »
    • Gabriel Attal : « il va falloir qu’on assume de changer de système de retraite »
    • Marine Le Pen : « Il faut qu’il y ait plus de jeunes qui rentrent sur le marché du travail »
  2. La retraite par capitalisation

    Ajouter un étage de retraite par capitalisation au système par répartition sépare nettement la droite de la gauche : l'un y voit une réponse pour la génération suivante, l'autre un privilège réservé à ceux qui peuvent épargner.

    • Bruno Retailleau : « il y a un étage de capitalisation »
    • Jean-Luc Mélenchon : « il faut des hauts revenus pour se payer la capitalisation »
  3. Où prendre l'argent : les dépenses sociales ou les recettes

    Le désaccord de fond sur la dette. D'un côté, l'effort doit porter sur la dépense sociale, jusqu'à plafonner le total des aides ; de l'autre, c'est la baisse des impôts des dernières années qui a creusé le déficit.

    • Gabriel Attal : « il faut assumer que la majorité de nos économies doivent être faites sur la dépense sociale »
    • Bruno Retailleau : « j’assume de plafonner à 70 % le total des prestations des aides sociales »
    • Marine Tondelier : « ce mandat a baissé les impôts de 62 milliards par an »
  4. Simplifier les normes, ou déréguler

    Tout le monde dit vouloir simplifier, mais pas la même chose. L'un assume le mot dérégulation et veut toucher au principe de précaution inscrit dans la Constitution ; les autres distinguent la paperasse des règles environnementales.

    • Bruno Retailleau : « on doit assumer la déréglementation »
    • Marine Tondelier : « la nécessaire simplification administrative qui est une chose »
    • Raphaël Glucksmann : « il y a de la bonne norme, il y a de la mauvaise norme »
  5. Le pacte Dutreil et la transmission des entreprises

    Le régime fiscal de la transmission d'entreprise familiale, appelé pacte Dutreil, est défendu sans condition par les uns, jugé détourné à des fins d'optimisation par les autres. La retranscription automatique l'écrit « pacte du trail ».

    • Édouard Philippe : « ne pas toucher un cheveux au pacte du trail [pacte Dutreil] »
    • Raphaël Glucksmann : « utilisé pour optimiser fiscalement et donc il faut des conditions »
  6. L'Europe : la changer, la subir ou s'en servir

    Le cadre européen traverse tout le débat. Il est décrit comme un carcan de normes par l'une, comme un traité à modifier par l'autre, et comme le seul niveau où défendre l'industrie par un troisième.

    • Jean-Luc Mélenchon : « Nous devons donc modifier le traité »
    • Édouard Philippe : « Je propose que les produits fabriqué par des entreprises chinoises »

Temps de parole

Temps de parole estimé à partir des horodatages des sous-titres : les relances des journalistes et les interruptions restent comptées dans le bloc de la personne qui a la parole. Il ne s’agit pas du décompte officiel de la chaîne.

Toutes les affirmations vérifiées

Toutes les affirmations factuelles vérifiables des candidats (chiffres, faits, comparaisons, votes) ont été relevées dans les sous-titres de la vidéo puis confrontées aux sources primaires : 151 vérifications, selon les mêmes règles pour chacun. Les opinions, promesses et prévisions ne sont pas vérifiables et ne sont pas notées.

VraiPlutôt vraiTrompeurPlutôt fauxFauxInvérifiable

Comparaison possible au classement de fiabilité.

Sources sur ce débat :
  1. Présidentielle 2027 : ce qu'il faut retenir du débat entre les candidats devant le Medef (LCP, 27/08/2026)
  2. Présidentielle 2027 : le grand débat du Medef en direct sur LCI, depuis Roland-Garros (TV-Programme, 27/08/2026)
  3. Présidentielle 2027 : les attentes des entreprises au cœur du débat (Medef)

Citations : Sous-titres automatiques de la vidéo publiée par LCI, récupérés le 19 septembre 2026.