Dossier · Agriculture
Pesticides : est-ce que ça améliore vraiment les récoltes ?
Depuis quinze ans, la France se fixe des objectifs de baisse des pesticides et ne les tient pas. Ce dossier reprend la question qui devrait précéder toutes les autres, celle des rendements, puis ce qu’une commission d’enquête parlementaire a établi sur les raisons de cet échec, et où se situent les candidats.
Mis à jour le 26 septembre 2026 · les rapports cités sont liés un par un · la partie « classement » est calculée, pas rédigée.
La question, telle qu’elle est posée dans la campagne
Deux affirmations s’affrontent. D’un côté : sans produits phytosanitaires, les récoltes chutent et les importations prennent la place. De l’autre : leur usage dégrade l’eau, les sols et les pollinisateurs, et les objectifs de baisse ne sont jamais tenus. Les deux camps ont chacun des faits, et parlent rarement des mêmes chiffres.
Un mot sur les unités, parce que tout le désaccord public s’y cache. L’indicateur français historique, le NODU, compte le nombre de doses unités appliquées, indépendamment du prix et de la concentration des produits. Le HRI1, indicateur européen, additionne les quantités de substances actives vendues en les pondérant par des coefficients de risque. Le même usage réel peut donner deux courbes différentes selon l’indicateur retenu : d’où l’importance de savoir lequel est affiché.
- Les indicateurs de suivi de la stratégie Écophyto 2030 (Ministère de l’Agriculture)
Moins de pesticides veut-il dire moins de récolte ?
L’étude de référence a été publiée en 2017 dans Nature Plants, à partir de 946 exploitations de grandes cultures non biologiques du réseau DEPHY, qui couvre une large variété de situations agronomiques françaises. Résultat : 59 % de ces fermes pourraient réduire leur usage de pesticides de 42 % en moyenne sans perte de productivité ni de rentabilité, avec une baisse de 37 % des herbicides, 47 % des fongicides et 60 % des insecticides.
La condition n’est pas cosmétique : ces résultats supposent de changer le système de culture, pas seulement de traiter un peu moins. Rotations plus longues, diversification des cultures, désherbage mécanique, variétés résistantes, décalage des dates de semis : c’est un autre métier, qui demande du conseil technique et de la trésorerie pour passer le cap.
Ce que l’étude ne dit pas, et qu’il serait malhonnête de lui faire dire : elle porte sur les grandes cultures, pas sur la vigne ni l’arboriculture ; elle ne mesure pas l’effet d’une interdiction brutale sans accompagnement ; et elle laisse 41 % des exploitations pour lesquelles la baisse s’accompagnerait bien d’un coût.
Notre lecture
L’affirmation « moins de pesticides, c’est moins de récolte » n’est pas vérifiée comme règle générale : sur la majorité des exploitations étudiées, la baisse est possible à rendement et à revenu constants. L’affirmation inverse, « on peut diviser par deux sans rien changer », ne l’est pas davantage : ce qui rend la baisse possible, c’est précisément le changement de système, donc un accompagnement financé. Un candidat qui promet la baisse sans l’accompagnement, et un candidat qui refuse la baisse au nom du rendement, s’appuient chacun sur la moitié de l’étude qui l’arrange.
Ce paragraphe est de nous, pas des rapports cités : il est séparé pour que vous puissiez le contester sans toucher aux faits.
- Reducing pesticide use while preserving crop productivity and profitability on arable farms (Nature Plants, 3, 17008) (Lechenet, Dessaint, Py, Makowski et Munier-Jolain, 03/2017)
- Reducing pesticide use in agriculture without lowering productivity (INRAE)
Pourquoi les plans publics ont échoué
Le plan Écophyto, lancé en 2008, visait une baisse de 50 % en dix ans. L’échéance a été repoussée à 2025, puis à 2030. La Cour des comptes avait déjà dressé un bilan sévère de ces plans successifs, en relevant des moyens dispersés et un pilotage sans capacité de contrainte.
Les chiffres publiés par le ministère de l’Agriculture pour 2024 ne montrent pas de rupture : le NODU s’établit à 94,8 millions d’hectares, soit 6 % de plus qu’en 2023, et 69 800 tonnes de substances actives ont été vendues, dont 38 % utilisables en agriculture biologique ou en biocontrôle.
Le 21 février 2024, en pleine mobilisation agricole, la stratégie Écophyto 2030 a remplacé le NODU par le HRI1 comme indicateur de référence. Des associations environnementales et des scientifiques contestent les coefficients de risque du HRI1, jugés trop faibles pour compenser des quantités plus importantes de produits moins dangereux ; l’INRAE a proposé de construire un autre indicateur.
Notre lecture
Changer d’indicateur n’est pas une faute en soi : le NODU avait des défauts reconnus. Mais le faire au moment précis où l’objectif n’est pas tenu, et sans maintenir la série historique au premier plan, rend impossible la comparaison avec la cible annoncée en 2008. C’est exactement le reproche que la commission d’enquête formulait deux mois plus tôt : ce qui manque n’est pas un thermomètre, c’est une décision.
Ce paragraphe est de nous, pas des rapports cités : il est séparé pour que vous puissiez le contester sans toucher aux faits.
- Le bilan des plans Écophyto (référé) (Cour des comptes, 11/2019)
- Les indicateurs de suivi de la stratégie Écophyto 2030 (Ministère de l’Agriculture)
- Écophyto : après le Nodu et le controversé HRI1, l’INRAE propose un nouvel indicateur (Réussir Grandes Cultures)
Ce qu’une commission d’enquête parlementaire a établi
Le 14 décembre 2023, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les causes de l’incapacité de la France à atteindre les objectifs des plans Écophyto a adopté son rapport, sous la présidence de Frédéric Descrozaille et sur le rapport de Dominique Potier, après six mois de travaux et 157 personnes entendues. Le titre résume le constat : « 2013-2023 : une décennie (presque) perdue ». Le rapport formule 26 propositions.
Le diagnostic est celui d’un échec collectif et d’une forme d’impuissance publique, avec une cause structurelle nommée : l’absence de pilotage interministériel effectif depuis le premier plan. Autrement dit, ni le ministère de l’Agriculture, ni celui de la Santé, ni celui de l’Environnement n’a jamais eu la main, et personne n’a arbitré entre eux.
Sur les intérêts en présence, le rapport décrit une politique soumise à un lobbying intense, venu à la fois des organisations agricoles et des associations environnementales, dans un contexte où le syndicat majoritaire contestait l’objectif de baisse de 50 % en 2030, conforté par l’abandon au niveau européen du règlement qui portait cette cible.
La suite a confirmé l’intensité de ce rapport de force. La loi dite « Duplomb », adoptée en 2025, rétablissait par dérogation l’acétamipride, un insecticide néonicotinoïde, un an après que l’Autorité européenne de sécurité des aliments avait divisé par cinq ses valeurs de référence, faute de données suffisantes sur la neurotoxicité pour le développement. Le 7 août 2025, le Conseil constitutionnel a censuré cette dérogation comme contraire au droit de chacun de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé, garanti par l’article 1er de la Charte de l’environnement : une censure inédite sur ce fondement, selon LCP.
Notre lecture
Le mot lobbying n’est pas une accusation : défendre un intérêt organisé est légal et public. Ce que le rapport documente est plus embarrassant qu’un scandale : pendant dix ans, aucune autorité n’a tranché entre des intérêts contradictoires, et l’absence d’arbitrage a tenu lieu de politique. Le reproche est adressé à l’État, pas à un camp.
Ce paragraphe est de nous, pas des rapports cités : il est séparé pour que vous puissiez le contester sans toucher aux faits.
- Commission d’enquête sur les causes de l’incapacité de la France à atteindre les objectifs des plans successifs de maîtrise des impacts des produits phytosanitaires (Assemblée nationale, 14/12/2023)
- Phytosanitaires : le constat d’une action publique insuffisante, au terme des travaux de la commission d’enquête (LCP, 12/2023)
- Statement on the toxicological properties and maximum residue levels of acetamiprid and its metabolites (Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA Journal), 15/05/2024)
- Décision n° 2025-891 DC du 7 août 2025 (loi « Duplomb ») (Conseil constitutionnel, 07/08/2025)
- Loi agricole Duplomb : le Conseil constitutionnel censure la réintroduction de l’acétamipride (LCP, 08/2025)
Ce que les rapports recommandent
Les recommandations convergentes de la Cour des comptes, de la commission d’enquête et des travaux de l’INRAE
- Un pilotage qui décide. Un arbitrage interministériel identifié, avec un responsable et un calendrier, plutôt qu’un plan sans capacité de contrainte.
- Un indicateur stable. Mesurer l’usage avec un indicateur qui ne change pas quand l’objectif est manqué, et publier les séries historiques à côté.
- Financer le changement de système. Ce qui rend la baisse possible sans perte de rendement, ce sont les rotations, la diversification et le conseil technique : cela se paie avant de rapporter.
- Protéger d’abord les captages d’eau. Les zones de captage sont l’endroit où le coût de l’inaction est le plus directement supporté par les collectivités et les ménages.
- Des règles de marché cohérentes. Demander aux importations les normes imposées aux producteurs français, faute de quoi la contrainte se transforme en transfert de production.
- Le bilan des plans Écophyto (référé) (Cour des comptes, 11/2019)
- Commission d’enquête sur les causes de l’incapacité de la France à atteindre les objectifs des plans successifs de maîtrise des impacts des produits phytosanitaires (Assemblée nationale, 14/12/2023)
Qui est en tête, et pourquoi
Ce classement n’est pas un avis de la rédaction : c’est l’écart, mesuré position par position, entre ce que chaque candidat a dit ou voté et le référentiel décrit ci-dessus. Il change quand une position nouvelle est documentée. Le détail de cette grille et de ses sources est sur la page des classements, et la méthode donne le calcul.
Seuls les candidats documentés sur tous les critères qu’on pouvait documenter pour eux sont classés. 7 candidats ne sont pas assez documentés sur cette grille.
Pourquoi Jean-Luc Mélenchon arrive en tête, à égalité avec Marine Tondelier
Sur les 2 critères notés de cette grille, les positions documentées de Jean-Luc Mélenchon vont dans le sens des rapports sur 2 (dérogations aux interdictions de pesticides, polluants éternels (PFAS)).
Arriver en tête ne veut pas dire avoir raison, ni avoir un programme finançable : cela veut dire être, sur ces critères, le plus proche de ce que disent les rapports cités.
Ce qui est documenté, position par position
-
Il faut réautoriser, par dérogation, l'acétamipride (un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018) pour les filières sans alternative.Plutôt pas d’accord Synthèse de ses prises de position Soutien net à la proposition « Il faut réduire drastiquement l'usage des pesticides de synthèse, quitte à contraindre le modèle agricole », d'après la synthèse de ses prises de position publiques. Position reportée avec prudence : la proposition porte sur l'ensemble des pesticides, pas sur la seule dérogation pour l'acétamipride.Jean-Luc Mélenchon : positions sur quarante propositions (comparateur) (France-Vote, 19/09/2026)
-
Il faut réduire fortement l'usage des pesticides de synthèse, jusqu'à en interdire progressivement la plupart.Tout à fait d’accord Synthèse de ses prises de position Soutien net à la proposition « Il faut réduire drastiquement l'usage des pesticides de synthèse, quitte à contraindre le modèle agricole », d'après la synthèse de ses prises de position publiques.Jean-Luc Mélenchon : positions sur quarante propositions (comparateur) (France-Vote, 19/09/2026)
-
Il faut interdire progressivement les PFAS (« polluants éternels ») dans les produits de consommation courante, comme le prévoit la loi du 27 février 2025.Tout à fait d’accord Vote de son groupe Aucune position propre documentée : le groupe de La France insoumise, mouvement qu'il a fondé et qu'il conduit a voté pour (45 pour, 0 contre, 0 abstention) sur « L'ensemble de la proposition de loi visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et » (2025-02-20). Ce n'est pas sa parole : la position compte pour moitié.
Le détail du calcul, élément par élément
Cette note repose sur 3 éléments sourcés :
- Synthèse de ses prises de position Il faut réduire fortement l'usage des pesticides de synthèse, jusqu'à en interdire progressivement la plupart. Tout à fait d’accord Soutien net à la proposition « Il faut réduire drastiquement l'usage des pesticides de synthèse, quitte à contraindre le modèle agricole », d'après la synthèse de ses prises de position publiques. va dans le sens du référentiel (100 %) · Jean-Luc Mélenchon : positions sur quarante propositions (comparateur) (France-Vote, 19/09/2026)
- Vote de son groupe Il faut interdire progressivement les PFAS (« polluants éternels ») dans les produits de consommation courante, comme le prévoit la loi du 27 février 2025. Tout à fait d’accord Aucune position propre documentée : le groupe de La France insoumise, mouvement qu'il a fondé et qu'il conduit a voté pour (45 pour, 0 contre, 0 abstention) sur « L'ensemble de la proposition de loi visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et » (2025-02-20). Ce n'est pas sa parole : la position compte pour moitié. va dans le sens du référentiel (100 %) · L'ensemble de la proposition de loi visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (Assemblée nationale, 20/02/2025)
- Synthèse de ses prises de position Il faut réautoriser, par dérogation, l'acétamipride (un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018) pour les filières sans alternative. Plutôt pas d’accord Soutien net à la proposition « Il faut réduire drastiquement l'usage des pesticides de synthèse, quitte à contraindre le modèle agricole », d'après la synthèse de ses prises de position publiques. Position reportée avec prudence : la proposition porte sur l'ensemble des pesticides, pas sur la seule dérogation pour l'acétamipride. va dans le sens du référentiel (75 %) · Jean-Luc Mélenchon : positions sur quarante propositions (comparateur) (France-Vote, 19/09/2026)
C’est le seul élément documenté pour cette grille.
Pourquoi Marine Tondelier arrive en tête, à égalité avec Jean-Luc Mélenchon
Sur les 2 critères notés de cette grille, les positions documentées de Marine Tondelier vont dans le sens des rapports sur 2 (dérogations aux interdictions de pesticides, polluants éternels (PFAS)).
Arriver en tête ne veut pas dire avoir raison, ni avoir un programme finançable : cela veut dire être, sur ces critères, le plus proche de ce que disent les rapports cités.
Ce qui est documenté, position par position
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Il faut réautoriser, par dérogation, l'acétamipride (un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018) pour les filières sans alternative.Plutôt pas d’accord Synthèse de ses prises de position Soutien net à la proposition « Il faut réduire drastiquement l'usage des pesticides de synthèse, quitte à contraindre le modèle agricole », d'après la synthèse de ses prises de position publiques. Position reportée avec prudence : la proposition porte sur l'ensemble des pesticides, pas sur la seule dérogation pour l'acétamipride.Marine Tondelier : positions sur quarante propositions (comparateur) (France-Vote, 19/09/2026)
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Il faut réduire fortement l'usage des pesticides de synthèse, jusqu'à en interdire progressivement la plupart.Tout à fait d’accord Synthèse de ses prises de position Soutien net à la proposition « Il faut réduire drastiquement l'usage des pesticides de synthèse, quitte à contraindre le modèle agricole », d'après la synthèse de ses prises de position publiques.Marine Tondelier : positions sur quarante propositions (comparateur) (France-Vote, 19/09/2026)
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Il faut interdire progressivement les PFAS (« polluants éternels ») dans les produits de consommation courante, comme le prévoit la loi du 27 février 2025.Tout à fait d’accord Vote de son groupe Aucune position propre documentée : le groupe écologiste, du parti qu'elle dirige a voté pour (38 pour, 0 contre, 0 abstention) sur « L'ensemble de la proposition de loi visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et » (2025-02-20). Ce n'est pas sa parole : la position compte pour moitié.
Le détail du calcul, élément par élément
Cette note repose sur 3 éléments sourcés :
- Synthèse de ses prises de position Il faut réduire fortement l'usage des pesticides de synthèse, jusqu'à en interdire progressivement la plupart. Tout à fait d’accord Soutien net à la proposition « Il faut réduire drastiquement l'usage des pesticides de synthèse, quitte à contraindre le modèle agricole », d'après la synthèse de ses prises de position publiques. va dans le sens du référentiel (100 %) · Marine Tondelier : positions sur quarante propositions (comparateur) (France-Vote, 19/09/2026)
- Vote de son groupe Il faut interdire progressivement les PFAS (« polluants éternels ») dans les produits de consommation courante, comme le prévoit la loi du 27 février 2025. Tout à fait d’accord Aucune position propre documentée : le groupe écologiste, du parti qu'elle dirige a voté pour (38 pour, 0 contre, 0 abstention) sur « L'ensemble de la proposition de loi visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et » (2025-02-20). Ce n'est pas sa parole : la position compte pour moitié. va dans le sens du référentiel (100 %) · L'ensemble de la proposition de loi visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (Assemblée nationale, 20/02/2025)
- Synthèse de ses prises de position Il faut réautoriser, par dérogation, l'acétamipride (un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018) pour les filières sans alternative. Plutôt pas d’accord Soutien net à la proposition « Il faut réduire drastiquement l'usage des pesticides de synthèse, quitte à contraindre le modèle agricole », d'après la synthèse de ses prises de position publiques. Position reportée avec prudence : la proposition porte sur l'ensemble des pesticides, pas sur la seule dérogation pour l'acétamipride. va dans le sens du référentiel (75 %) · Marine Tondelier : positions sur quarante propositions (comparateur) (France-Vote, 19/09/2026)
C’est le seul élément documenté pour cette grille.
Pourquoi Marine Le Pen ferme ce classement
Sur les 3 critères notés de cette grille, les positions documentées de Marine Le Pen s’en écartent sur 3 (dérogations aux interdictions de pesticides, restauration des milieux naturels, polluants éternels (PFAS)).
S’écarter d’un référentiel est un choix politique, que plusieurs candidats assument publiquement : la note le mesure, elle ne le condamne pas.
Ce qui est documenté, position par position
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Il faut réautoriser, par dérogation, l'acétamipride (un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018) pour les filières sans alternative.Plutôt d’accord D’après son vote D'après son vote : pour (Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final), 2025-07-08).Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final) (Assemblée nationale, 08/07/2025)
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Il faut réduire fortement l'usage des pesticides de synthèse, jusqu'à en interdire progressivement la plupart.Plutôt pas d’accord D’après son vote D'après son vote : pour (Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final), 2025-07-08).Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final) (Assemblée nationale, 08/07/2025)
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Il faut interdire progressivement les PFAS (« polluants éternels ») dans les produits de consommation courante, comme le prévoit la loi du 27 février 2025.Pas du tout d’accord Vote de son groupe Aucune position propre documentée : le groupe Rassemblement national, qu'elle préside a voté contre (0 pour, 50 contre, 0 abstention) sur « L'ensemble de la proposition de loi visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et » (2025-02-20). Ce n'est pas sa parole : la position compte pour moitié.
Le détail du calcul, élément par élément
Cette note repose sur 8 éléments sourcés, dont les 3 plus décisifs :
- Vote pour Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final) (AN, 8 juillet 2025) s’en écarte (0 %) · scrutin officiel
- D’après son vote Il faut réautoriser, par dérogation, l'acétamipride (un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018) pour les filières sans alternative. Plutôt d’accord D'après son vote : pour (Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final), 2025-07-08). s’en écarte (25 %) · Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final) (Assemblée nationale, 08/07/2025)
- D’après son vote Il faut réduire fortement l'usage des pesticides de synthèse, jusqu'à en interdire progressivement la plupart. Plutôt pas d’accord D'après son vote : pour (Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final), 2025-07-08). s’en écarte (25 %) · Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final) (Assemblée nationale, 08/07/2025)
Voir les 8 éléments du calcul, un par un
S’écarte du référentiel · 3 critères notés sur 3
Position sur la loi « Duplomb », dont l'article rétablissant à titre dérogatoire l'acétamipride a été censuré par le Conseil constitutionnel.
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Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final) (AN, 2025-07-08)Vote : PourVoter pour ce texte, c'est voter pour la dérogation censurée ensuite par le Conseil constitutionnel : s'écarte du référentiel. Le même vote portait aussi sur d'autres mesures (bâtiments d'élevage, stockage de l'eau), lues dans la grille « Agriculture ». · alignement 0 % · poids 1 (fiabilité 1 × fraîcheur 1)
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Il faut réautoriser, par dérogation, l'acétamipride (un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018) pour les filières sans alternative.Position : Plutôt d’accord D’après son vote : D'après son vote : pour (Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final), 2025-07-08).Vouloir réautoriser l'acétamipride par dérogation va contre l'avis de l'EFSA et contre la censure du Conseil constitutionnel. · alignement 25 % · poids 1 (fiabilité 1 × fraîcheur 1)Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final) (Assemblée nationale, 08/07/2025)
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Il faut réduire fortement l'usage des pesticides de synthèse, jusqu'à en interdire progressivement la plupart.Position : Plutôt pas d’accord D’après son vote : D'après son vote : pour (Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final), 2025-07-08).L'EFSA a durci en 2024 les valeurs de référence d'un néonicotinoïde, l'IPBES documente le rôle des pesticides dans le déclin des pollinisateurs, et la Cour des comptes constate l'échec des plans de réduction : réduire fortement leur usage va dans ce sens. · alignement 25 % · poids 1 (fiabilité 1 × fraîcheur 1)Loi « Duplomb » sur le métier d'agriculteur (texte final) (Assemblée nationale, 08/07/2025)
Soutien à l'obligation européenne de restaurer les écosystèmes dégradés (30 % des habitats en mauvais état d'ici 2030).
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Loi européenne sur la restauration de la nature (PE, 2024-02-27)Vote : Contre · vote de Jordan Bardella (président du RN, annoncé à la tête du gouvernement en cas de victoire)Voter pour la loi sur la restauration de la nature va dans le sens du référentiel. · alignement 0 % · poids 0,425 (fiabilité 0,425 × fraîcheur 1)
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Deforestation Regulation: provisions relating to the date of application (PE, 2024-11-14)Vote : Pour · vote de Jordan Bardella (président du RN, annoncé à la tête du gouvernement en cas de victoire)Voter pour le report de l'application du règlement européen contre la déforestation importée en retarde les effets. · alignement 0 % · poids 0,425 (fiabilité 0,425 × fraîcheur 1)
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Deforestation Regulation: certain obligations of operators and traders (PE, 2025-11-26)Vote : Pour · vote de Jordan Bardella (président du RN, annoncé à la tête du gouvernement en cas de victoire)Voter pour l'allègement des obligations des opérateurs prévues par le règlement déforestation en réduit la portée. · alignement 0 % · poids 0,425 (fiabilité 0,425 × fraîcheur 1)
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Deforestation Regulation: certain obligations of operators and traders (PE, 2025-12-17)Vote : Pour · vote de Jordan Bardella (président du RN, annoncé à la tête du gouvernement en cas de victoire)Même texte, seconde étape : voter pour l'allègement des obligations du règlement déforestation. · alignement 0 % · poids 0,425 (fiabilité 0,425 × fraîcheur 1)
L'Autorité européenne de sécurité des aliments a fixé en 2020 une dose hebdomadaire tolérable pour quatre PFAS, en raison de leurs effets sur la réponse immunitaire, et constaté qu'une partie de la population la dépasse.
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Il faut interdire progressivement les PFAS (« polluants éternels ») dans les produits de consommation courante, comme le prévoit la loi du 27 février 2025.Position : Pas du tout d’accord Vote de son groupe : Aucune position propre documentée : le groupe Rassemblement national, qu'elle préside a voté contre (0 pour, 50 contre, 0 abstention) sur « L'ensemble de la proposition de loi visant à protéger la population des risques liés aux substances perfluoroalkylées et » (2025-02-20). Ce n'est pas sa parole : la position compte pour moitié.Interdire progressivement les PFAS dans les produits courants réduit l'exposition que l'EFSA juge trop élevée. · alignement 0 % · poids 0,5 (fiabilité 0,5 × fraîcheur 1)
Sur quoi repose ce classement
Les positions du candidat vont-elles dans le sens des avis scientifiques et des décisions de justice sur les pesticides et les milieux naturels ?
En 2024, l'Autorité européenne de sécurité des aliments a recommandé de diviser par cinq les valeurs de référence de l'acétamipride (dose journalière admissible et dose aiguë de référence, de 0,025 à 0,005 mg/kg), faute de données suffisantes sur la neurotoxicité pour le développement, et a ajouté un facteur d'incertitude de 5. Le 7 août 2025, le Conseil constitutionnel a censuré la réintroduction dérogatoire de cet insecticide prévue par la loi « Duplomb », jugée contraire à la Charte de l'environnement. L'IPBES documente par ailleurs le déclin des pollinisateurs et de la biodiversité comme un risque pour la production agricole elle-même. La Cour des comptes a constaté en 2019 que l'usage des pesticides avait augmenté de 12 % de 2009 à 2016, malgré l'objectif de le réduire de moitié. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a fixé en 2020 une dose hebdomadaire tolérable pour quatre PFAS, que dépasse une partie de la population. La Cour des comptes a constaté en 2019 que l'usage des pesticides avait augmenté de 12 % de 2009 à 2016, malgré l'objectif de le réduire de moitié.
- Dérogations aux interdictions de pesticides. Position sur la loi « Duplomb », dont l'article rétablissant à titre dérogatoire l'acétamipride a été censuré par le Conseil constitutionnel.
- Restauration des milieux naturels. Soutien à l'obligation européenne de restaurer les écosystèmes dégradés (30 % des habitats en mauvais état d'ici 2030).
- Polluants éternels (PFAS). L'Autorité européenne de sécurité des aliments a fixé en 2020 une dose hebdomadaire tolérable pour quatre PFAS, en raison de leurs effets sur la réponse immunitaire, et constaté qu'une partie de la population la dépasse.
- Statement on the toxicological properties and maximum residue levels of acetamiprid and its metabolites (EFSA Journal, 15/05/2024)
- Loi agricole Duplomb : le Conseil constitutionnel censure la réintroduction de l'acétamipride (LCP, 07/08/2025)
- Loi Duplomb : le Conseil constitutionnel juge la réintroduction de l'acétamipride non conforme à la Constitution (Toute l'Europe, 08/08/2025)
- Le bilan des plans Écophyto (référé) (Cour des comptes, 11/2019)
- Risk to human health related to the presence of perfluoroalkyl substances in food (Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), 09/2020)
Une grille voisine mesure autre chose et se lit à part : Agriculture : contraintes et concurrence (Demandes portées par les syndicats agricoles (FNSEA, Jeunes Agriculteurs, Confédération paysanne)).
À retenir
- Sur la majorité des exploitations de grandes cultures étudiées, une baisse de 42 % des pesticides est possible sans perte de rendement ni de revenu, à condition de changer le système de culture.
- Les plans publics ont échoué pour une raison documentée par une commission d’enquête : l’absence d’arbitrage interministériel, pas un désaccord scientifique.
- L’usage n’a pas baissé en 2024, et l’indicateur de référence a changé en pleine crise agricole, ce qui rend la comparaison avec l’objectif initial impossible.
- Les deux grilles qui touchent au sujet mesurent deux choses différentes : l’écart aux avis scientifiques et aux décisions de justice d’un côté, les demandes des syndicats agricoles de l’autre. La seconde n’entre pas dans le classement de référence.
Dossier · Environnement
Climat : les rapports, puis les candidats
- d’émissions mondiales en 2030 par rapport à 2019, pour rester sur la trajectoire de 1,5 °C (GIEC)− 43 %
- seulement en France en 2024, après − 6,7 % en 2023 (Haut conseil pour le climat)− 1,8 %
Trajectoire du GIEC, retard français constaté par le Haut conseil pour le climat, coût chiffré par France Stratégie, puis le classement des candidats sur le climat et l’énergie, critère par critère.
Banc d’essai
Les grandes mesures passées au banc d’essai
Ce que chaque candidat propose, comment il dit le financer, et ce que ça coûterait ou fragiliserait.