Dans le passage consacré aux droits syndicaux dans l’entreprise, la référence à 1968 est fondée : la loi du 27 décembre reconnaît la section syndicale d’entreprise et organise l’exercice de ces droits. Elle ne crée pas la liberté syndicale générale, reconnue dès 1884, et des représentants et activités syndicaux existaient déjà avant Mai 68. La formulation « les syndicats n’ont été légaux » est donc trop large, mais le contexte porte sur leur reconnaissance au sein de l’entreprise. Cette avancée réelle justifie « Plutôt vrai », avec la distinction explicite entre les deux étapes historiques.
Mélenchon revient sur le tournant de la rigueur de mars 1983, sous François Mitterrand. Mais le serpent monétaire européen, créé en 1972, avait été remplacé en mars 1979 par le Système monétaire européen (SME). En 1983, le débat portait donc sur le maintien du franc dans le SME, non dans le serpent monétaire. Mélenchon emploie également le sigle SME quelques instants plus tard. Cela suggère davantage une confusion de terminologie dans un long exposé oral qu'une méconnaissance complète du dispositif. Le fond du raisonnement reste exact : le choix de rester dans un système européen de changes encadrés a fortement pesé sur les décisions économiques de mars 1983.
L’abattement ordinaire est de 100 000 € par enfant et par parent, sous réserve des donations antérieures, et non 150 000 €. Une maison de 300 000 € partagée entre deux enfants laisse ainsi 50 000 € taxables par enfant, soit environ 8 194 € de droits selon le barème ordinaire. Des exonérations particulières existent ; si Mélenchon évoquait un seuil de son programme plutôt que le droit actuel, il fallait le préciser.
Cette affirmation est contraire au fonctionnement ordinaire du droit immobilier allemand. En Allemagne, la pleine propriété d'un bien immobilier comprend généralement le terrain et les constructions qui s'y trouvent. Il existe effectivement un régime particulier, l'Erbbaurecht, comparable au bail à construction, qui permet de posséder un bâtiment édifié sur un terrain appartenant à un tiers, moyennant généralement une redevance. Mais c'est une formule particulière, et non le régime général. En outre, le terrain n'appartient pas nécessairement à la collectivité : il peut rester la propriété d'une personne privée. L'erreur est ici substantielle : Mélenchon invoque un modèle juridique étranger pour démontrer que la séparation entre propriété du bâtiment et propriété du sol serait déjà une norme acceptée dans un grand pays européen.
Le sommet de la hiérarchie juridique de l’UE est constitué du droit primaire : traités, Charte des droits fondamentaux et principes généraux. La concurrence est un principe important du marché intérieur, mais elle n’est pas supérieure à toutes les autres normes, notamment aux valeurs de l’article 2 du traité sur l’Union européenne. La déclaration transforme une critique économique en description juridique incorrecte.
Mélenchon présente le gouvernement Jospin de 1997 comme exceptionnel dans le monde occidental, notamment par la présence de ministres écologistes. Cependant, Pekka Haavisto, membre des Verts finlandais, était ministre de l'Environnement depuis le 13 avril 1995, soit plus de deux ans avant la formation du gouvernement Jospin. Pekka Haavisto a occupé cette fonction dans le gouvernement de Paavo Lipponen jusqu'en avril 1999. Mélenchon a néanmoins raison concernant l'Allemagne : les Verts y sont entrés au gouvernement fédéral en 1998, après la victoire de Gerhard Schröder.
Tony Blair n'a pas remporté les élections britanniques en février 1997, mais le 1er mai 1997. Tony Blair est devenu Premier ministre le 2 mai. Lionel Jospin a ensuite remporté les élections législatives françaises, dont le second tour s'est tenu le 1er juin, avant d'être nommé Premier ministre le 2 juin 1997. La chronologie générale décrite est donc correcte, mais le mois indiqué pour la victoire de Blair ne l'est pas, sous réserve d'une éventuelle erreur de transcription.
Les armées napoléoniennes ont notamment envahi le Portugal en 1807 et la Russie en 1812. Junot est entré à Lisbonne le 30 novembre 1807, dans le cadre de la politique de blocus contre le Royaume-Uni. Les causes des guerres de l’Empire sont diverses, mais ces invasions suffisent à contredire l’idée que seule la guerre d’Espagne aurait été offensive.
Cette déclaration est intéressante à rapprocher de l'entretien sur LCI du 18 octobre, dans lequel Mélenchon affirmait qu'il n'y avait eu aucun mort en Mai 68. Jean-Luc Mélenchon reconnaît ici que cette idée, répétée selon ses propres dires, est inexacte. Mais sa correction reste insuffisante. Le bilan généralement retenu par les historiens est de sept morts pendant les événements de mai et juin 1968, comprenant des manifestants, des ouvriers et des membres des forces de l'ordre. Ainsi, Philippe Mathérion est mort à Paris dans la nuit du 24 au 25 mai, Gilles Tautin le 10 juin à Flins et deux ouvriers de Peugeot, Pierre Beylot et Henri Blanchet, les 11 et 12 juin à Sochaux.
Mélenchon présente les nationalisations de 1981-1982 comme un processus très rapide, réalisé dès octobre 1981. La chronologie est différente : - Mai 1981 : élection de François Mitterrand. - Octobre 1981 : présentation et discussion du projet de nationalisation. - 11 février 1982 : promulgation de la loi de nationalisation. Cette loi a notamment entraîné la nationalisation de cinq grands groupes industriels, de 39 banques et de deux compagnies financières. Le principe politique des nationalisations était bien arrêté en 1981, mais leur réalisation législative date de 1982. Il faut néanmoins reconnaître que son estimation d'une industrie nationalisée à hauteur d'environ un tiers est un ordre de grandeur défendable selon les critères économiques retenus.
Mélenchon présente l'emprunt forcé comme l'une des mesures déjà prises avant la décision de mars 1983. Or, l'emprunt obligatoire de 1983 est précisément une mesure décidée après le tournant de la rigueur, par la loi d'habilitation du 22 avril 1983 et l'ordonnance du 30 avril 1983. Les dévaluations du franc et les mesures de contrôle des changes ont bien marqué les premières années du septennat. En revanche, l'emprunt obligatoire fait partie des mesures de redressement adoptées à la suite du choix de mars 1983. Cette erreur brouille la chronologie de l'enchaînement économique que Jean-Luc Mélenchon cherche à expliquer.
La loi Veil de 1975 prévoyait des consultations, un entretien social et un délai de réflexion, mais aucun comité décidant à la place de la femme de l’autorisation d’avorter. L’organisme de conseil délivrait une attestation de consultation. Une confusion avec les procédures antérieures d’interruption pour motif thérapeutique est possible ; elle ne décrit pas le dispositif institué en 1975.
Il s'agit d'une variante d'une affirmation déjà relevée dans l'entretien sur LCI du 18 octobre. La doctrine évoquée par Mélenchon est principalement associée à Héraclite, philosophe grec présocratique, dont les fragments 53 et 80 soulignent le rôle fondamental de la lutte et de la contradiction dans le devenir du monde. Le fragment 53 est notamment traduit par « Le combat est père de toute chose ». Je n'ai pas trouvé de source antique authentifiée attribuant à Démocrite la formule citée par Mélenchon. Le rapprochement intellectuel que Jean-Luc Mélenchon établit avec la dialectique est compréhensible, mais l'attribution précise ne l'est pas.
Mélenchon rapproche la crise financière de 1788 et la publication des comptes royaux par Jacques Necker. Le célèbre Compte rendu au roi, qui constitue une étape majeure de la publicité des finances publiques françaises, a pourtant été publié en janvier 1781, sept ans avant la crise de 1788. Necker est effectivement revenu aux affaires en 1788 et a continué à intervenir dans les débats sur les finances royales. Mais son innovation la plus célèbre, la publication des comptes, est antérieure. Le rapprochement historique est pertinent, mais sa présentation peut laisser croire que cette première publication résulte directement de la crise de 1788.
Sources :
Janvier 1781(Texte original du Compte rendu au roi)
Cette formule est effectivement présente dans la tradition chrétienne, particulièrement dans les réflexions sur l'unité des Églises et la diversité des traditions. Cependant, la devise européenne a été adoptée en 2000 au terme d'un concours organisé auprès d'élèves de quinze pays, à l'initiative notamment du quotidien Ouest-France et du Mémorial de Caen. Quelque 80 000 jeunes ont participé à ce concours. Le jury final, réunissant plusieurs personnalités européennes, a retenu la proposition gagnante parmi sept finalistes. Les documents historiques consultés n'établissent pas que la devise ait été empruntée à l'Église catholique. L'existence d'une formule semblable dans des textes religieux ne suffit pas à démontrer une filiation directe.
L'Insee a effectivement publié une étude indiquant que 3,5 % des ménages détiennent 50 % des logements mis en location et possédés par des particuliers. La différence entre 3 % et 3,5 % est mineure. En revanche, le périmètre est essentiel : il s'agit de ménages, non de personnes, et uniquement des logements locatifs détenus par des particuliers, non de l'ensemble des logements français. Dans le contexte d'une discussion sur la concentration de la propriété immobilière, la donnée avancée par Mélenchon est donc globalement fondée, à condition d'en conserver la définition statistique.
La loi Neuwirth du 28 décembre 1967 autorise la contraception dans un cadre réglementé. Cette référence historique est exacte ; elle ne doit pas être confondue avec la loi Veil de 1975 concernant l’interruption volontaire de grossesse.
L’ampleur du mouvement est incontestable, mais le nombre de grévistes dépend des sources et du périmètre retenu. Le Monde évoque 9 à 10 millions, tandis que le catalogue des Archives nationales du monde du travail retient 7 millions. Le chiffre annoncé correspond donc à une estimation publiée, à présenter comme un ordre de grandeur plutôt que comme un décompte unique et certain.
Diversité linguistique française à l’époque révolutionnaire
Propos résumé : seuls les mots entre guillemets sont des citations exactes.
Entretien avec François Lenglet (TF1 Info), 25 octobre 2026
· voir la déclaration(TF1 Info / François Lenglet, 25/10/2026)
Le rapport de l’abbé Grégoire du 4 juin 1794, présenté par l’Assemblée nationale, témoigne de la diversité des langues et parlers en France à l’époque révolutionnaire. Il appuie le constat historique d’une population qui ne parlait pas uniformément le français. Cette source ne permet pas, à elle seule, de fixer une proportion moderne et rigoureuse de locuteurs pour chaque langue.
Le chiffre de 60 000 policiers et gendarmes publié après l’entretien concerne la mobilisation nationale du 17 octobre. Il ne suffit pas à qualifier de faux le chiffre de 10 000 sans vérifier si Mélenchon évoque la France entière, Paris ou une autre journée. Le récapitulatif antérieur ne conservait pas cette précision. Le verdict est donc ramené à non établi : la divergence est documentée, mais sa comparabilité et la disponibilité de l’information au moment de la parole ne le sont pas.
Les travaux historiques sur les violences et la répression de mai-juin 1968 recensent des décès. L’affirmation d’une absence totale de morts ne tient donc pas pour l’ensemble du mouvement. Une comparaison précise doit néanmoins fixer la période, les lieux et les causes de décès : les morts lors des affrontements et les autres décès liés aux événements ne constituent pas nécessairement le même décompte.
L’Insee dénombre 9,8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté monétaire en 2024, parmi celles vivant en logement ordinaire en France métropolitaine. Les 9 millions cités sous-estiment cette référence de 800 000 personnes, soit environ 8 %. L’ampleur du phénomène est correctement indiquée et le chiffre corrigé renforce plutôt ce constat ; il reste nécessaire de donner le montant, l’année et le champ exacts. Le verdict reconnaît donc le raisonnement sans valider le chiffre comme une mesure précise.
L’article 8 de la loi du 31 mars 2006 instituait le CPE, promulguée puis modifiée le 21 avril 2006. L’annonce politique de non-application ne vaut pas absence de promulgation.
Le protocole de Grenelle a conduit en 1968 à une hausse de 35 % du SMIG, et non de 30 % du SMIC, créé en 1970. La forte revalorisation du salaire minimum est donc correctement évoquée ; le chiffre cité la sous-estime légèrement et le nom employé est anachronique. Ces corrections ne fragilisent pas l’argument sur l’ampleur des acquis sociaux de 1968. La formule « en une nuit » condense toutefois des négociations menées sur plusieurs jours et l’application ultérieure des mesures.
La formule antique qui fait du conflit le principe ou le père de toutes choses est associée à Héraclite, et non à Démocrite. La formulation « mère du futur » est une reformulation, pas une citation antique identifiée mot pour mot. Il faut donc distinguer l’idée philosophique paraphrasée et l’attribution précise à un auteur.
Indépendance en 1956 ; la cohérence avec l’âge dépend de la date de naissance exacte et du sens du propos personnel. La vidéo est la source de la déclaration ; aucun document public ne permet de conclure davantage.
La Metropolitan Police confirme que la plupart des policiers britanniques ne portent pas d’armes à feu de manière habituelle ; unités spécialisées armées.
Comparaison juridique et technique par type de munition, doctrine nationale et date manquante. La vidéo est la source de la déclaration ; aucun document public ne permet de conclure davantage.
Déclaration de Jean-Luc Mélenchon sur l’organisation interne d’un événement ; document d’organisation requis. La vidéo est la source de la déclaration ; aucun document public ne permet de conclure davantage.
Ministère : police nationale plus de 150 000 personnes, y compris administratifs, contractuels et réservistes ; gendarmerie 138 256 personnes d’active et de réserve. Addition non homogène.
La reconnaissance est inscrite dans la loi du 27 décembre 1968, dans le prolongement du mouvement de mai-juin. Ne pas attribuer sans nuance l’entrée en vigueur directement aux accords de Grenelle.
Le traité rejeté (Constitution européenne) et le traité de Lisbonne sont juridiquement distincts, même si Lisbonne en reprend une partie. La ratification parlementaire est juridiquement valide et contestée politiquement.
Sondage, institut, question posée, champ, date et intervalle d’incertitude absents de l’extrait ; « paraît-il » exprime une approximation. La vidéo est la source de la déclaration ; aucun document public ne permet de conclure davantage.
Un texte publié par Mélenchon le 30 septembre 2026 affirme que les militants insoumis appellent à des méthodes non violentes ; il fournit un précédent proche, antérieur à l’entretien. Cela étaye l’existence d’appels à la non-violence, pas le mot « toujours » sur l’ensemble de sa carrière. Sans définition des situations visées ni examen exhaustif de ses déclarations et actes, la généralisation demeure non établie. Le texte cité est sa propre déclaration, pas une évaluation indépendante de toutes ses positions.
Vérifié par la rédaction d’Au crible, le 2 novembre 2026Qualification : « Repéré, verdict non établi »Revue ciblée du 2 novembre 2026 : partiellement documentélien permanent et partagesignaler une erreur
FauxÉducationSite
« On lui dit une idée, tu plaisantes, on t'en demande 10. À partir de la deuxième, vous commencez à mentir. »
Parcoursup permet de formuler jusqu’à dix vœux hors apprentissage : il s’agit d’un plafond, pas d’une obligation. Un candidat peut n’en formuler qu’un, et plusieurs vœux peuvent correspondre au même projet. La critique de la pression liée à l’orientation est légitime, mais le raisonnement selon lequel chacun serait obligé de mentir pour remplir dix choix repose sur une règle inexistante.
Cette déclaration sert à justifier la proposition d'abaisser à 16 ans le droit de vote aux élections politiques. Or les élections générales des conseillers prud'hommes ont été supprimées. La dernière s'est tenue en décembre 2008 ; depuis la réforme mise en œuvre en 2017, les conseillers sont désignés à partir de la représentativité des organisations syndicales et patronales. Le ministère de la Justice confirme que les conseillers pour le mandat 2026-2029 ont été nommés, non élus au suffrage direct. L'argument historique était recevable pour rappeler que des salariés mineurs ont autrefois pu participer à ces élections professionnelles. Mais la formulation au présent est incorrecte depuis près de dix ans.
Selon la Direction générale du Trésor, dans sa publication du 16 juillet 2026, l'économie sociale et solidaire représente 13,7 % de l'emploi salarié privé. Sa part dans l'emploi salarié total est encore inférieure, puisqu'il faut alors inclure les salariés du secteur public au dénominateur. Les 19 % annoncés par Mélenchon surestiment donc sensiblement le poids de l'économie sociale et solidaire.
Mélenchon prend la Grèce pour exemple des effets de l'austérité. La contraction de l'économie grecque durant la crise de la dette a effectivement été extrêmement importante, de l'ordre d'un quart du PIB réel entre le sommet d'avant-crise et le creux atteint plusieurs années plus tard. En revanche, la dette publique grecque atteignait 146,1 % du PIB fin 2025, et non 130 %. Elle représentait 110,9 % du PIB en 2008 et 128,5 % en 2009. La comparaison est donc construite à partir d'un point de départ réel, mais sous-estime le niveau final de la dette. De plus, la reprise économique intervenue depuis 2017 ne peut être ignorée lorsqu'on décrit la situation quinze ans après le début de la crise.
Mélenchon explique que les révolutionnaires ont délibérément créé communes et départements sans reprendre les circonscriptions religieuses, afin de soustraire l'État à l'influence de l'Église. Pour les départements, il est exact qu'un nouveau découpage territorial a été réalisé. Pour les communes, c'est précisément l'inverse : leur périmètre a été largement repris de celui des paroisses de l'Ancien Régime. La loi du 14 décembre 1789 a créé environ 44 000 municipalités, s'appuyant sur les villes, bourgs, paroisses et communautés existantes.
Les taux souverains diffèrent selon les États, les monnaies, les échéances et les risques : il n’existe pas de taux mondial uniforme de 4 %. Le constat d’un renchérissement du financement dans plusieurs pays peut être fondé ; c’est sa généralisation à la terre entière qui est excessive. « Plutôt faux » distingue cette généralisation du raisonnement général sur le coût de la dette.
Le gouverneur n’est pas élu par l’Assemblée nationale en séance plénière. Toutefois, les commissions des finances de l’Assemblée et du Sénat se sont prononcées avant sa nomination, selon le communiqué de la Banque de France du 27 mai 2026. Le passage est trompeur s’il suggère une absence de toute intervention parlementaire ; il est exact que cette procédure ne constitue pas une élection directe du gouverneur.
Une alimentation de meilleure qualité contribue à prévenir des maladies. Cela ne démontre pas que le seul label biologique cause la baisse des cancers ou du diabète : les associations observées peuvent aussi refléter d’autres habitudes de vie. Les sources disponibles ne permettent donc pas de garantir des milliards d’économies grâce aux seuls repas biologiques scolaires ; il faudrait chiffrer les effets causaux, les délais et les coûts de mise en œuvre.
La résorption des inégalités de rémunération entre femmes et hommes pourrait effectivement générer des recettes supplémentaires de cotisations sociales. Mais elle ne garantit pas à elle seule le financement d'un retour à la retraite à 60 ans. Les gains éventuels dépendraient de la façon dont l'égalité salariale serait obtenue, de ses effets sur l'emploi, des assiettes de cotisations et des droits supplémentaires à pension créés. L'Insee montre qu'en 2024, l'écart salarial moyen dans le privé était de 14 % à temps de travail égal, mais de 3,6 % à emploi comparable dans un même établissement. Ces indicateurs mesurent des réalités distinctes et ne sont pas directement convertibles en recettes pour les retraites.
Mélenchon a raison de rappeler que le baccalauréat constitue le premier grade universitaire. En revanche, il n'est pas obligatoire pour tous les concours de la fonction publique. Des concours externes de catégorie C sont notamment ouverts avec un CAP, un BEP ou le diplôme national du brevet. Certains recrutements sont également accessibles sans diplôme. Il s'agit donc d'une généralisation inexacte à partir d'une caractéristique réelle du baccalauréat.
L’ONU confirme l’attribution du prix Nobel de la paix 2026 à Navanethem « Navi » Pillay pour son action en faveur de la paix et du droit international. Cette vérification porte sur l’attribution du prix, sans confondre ses autres fonctions ou les conclusions d’une commission d’enquête avec un jugement de la Cour internationale de justice.
Les statistiques historiques évaluent à environ 7,4 millions la population active agricole en 1946 : l’ordre de grandeur de sept millions est pertinent. Ce total comprend exploitants, aides familiaux et salariés ; il ne doit pas être comparé directement au seul nombre actuel de chefs d’exploitation.
La MSA recense environ 412 800 chefs d’exploitation ou d’entreprise agricole en 2024. L’ordre de grandeur de 400 000 est fondé pour cette catégorie, mais pas pour l’ensemble des personnes travaillant dans l’agriculture, qui comprend aussi les salariés.
La Dares estime à 846 700 le nombre de contrats d’apprentissage commencés en 2025, et à 1 017 500 le nombre de contrats en cours fin décembre. Le chiffre d’environ 800 000 est cohérent avec les entrées annuelles ; il faut distinguer contrats, personnes et stock d’apprentis.
Un nombre de candidats sans proposition à la fin de la phase principale ne mesure pas automatiquement les personnes sans affectation à la rentrée, ni les seuls candidats à l’université. Le rapprochement entre le chiffre annoncé, la date et la population concernée n’est pas établi dans l’analyse disponible.
Les proportions revendiquées par les organisations étudiantes et celles publiées par le ministère renvoient à des périmètres différents : universités bloquées ou fermées, ou établissements connaissant des perturbations. Des données du 13 octobre ne confirment pas à elles seules la situation au 11 octobre. Aucune mesure indépendante correspondante n’est disponible dans l’analyse reprise. La vidéo atteste le propos ; l’analyse distingue l’interprétation ou la proposition de ce qui peut être établi factuellement.
La loi et la publication d’indicateurs complémentaires au PIB existent. Cela ne suffit pas à dénombrer les rapports gouvernementaux effectivement remis au Parlement conformément à cette obligation. L’affirmation sur les deux seules applications reste distincte de la vérification de l’existence de la loi.
Mélenchon affirme deux fois que la France est en récession. À la date de la conférence, les derniers chiffres publiés par l'Insee indiquaient une contraction du PIB de 0,2 % au premier trimestre 2026, suivie d'une stagnation au deuxième trimestre. Or une récession technique désigne généralement deux trimestres consécutifs de recul du PIB. Ce critère n'était donc pas satisfait. La situation économique était néanmoins dégradée : croissance presque nulle, baisse du pouvoir d'achat et remontée du chômage. Il est donc légitime de parler de stagnation, voire de risque de récession, mais pas d'une récession technique déjà établie. Le recul de 0,1 % du PIB au troisième trimestre, publié ultérieurement le 30 octobre, confirme la faiblesse de l'économie, sans constituer à lui seul deux trimestres consécutifs de baisse.
En 1958, la France n'était pas la deuxième économie mondiale. Les données historiques de produit national brut plaçaient notamment le Royaume-Uni et l'Allemagne de l'Ouest devant elle. Pays ; PNB nominal en 1958. Royaume-Uni ; 64,8 milliards de dollars. Allemagne de l'Ouest ; 59,2 milliards de dollars. France ; 57,7 milliards de dollars. Ces chiffres, tirés d'une réponse du gouvernement britannique au Parlement, ne portent que sur certains pays occidentaux. Ils suffisent néanmoins à démontrer que la France n'était pas deuxième, même sans tenir compte des États-Unis et de l'Union soviétique. Il faut distinguer le PNB du PIB et tenir compte des limites des comparaisons internationales historiques. Mais aucune de ces réserves ne permet de soutenir le rang avancé par Mélenchon.
Mélenchon évoque correctement le basculement démographique mondial, intervenu autour de 2007-2008, lorsque la population urbaine est devenue majoritaire. Mais Jean-Luc Mélenchon situe le même basculement en France seulement vingt ou trente ans auparavant. En France, la population urbaine est majoritaire depuis 1931, soit environ 95 ans avant cette conférence. Les données historiques indiquent notamment : Année ; Part urbaine en France. 1931 ; 50,8 %. 1936 ; 52,9 %. 1968 ; 70,1 %. 1999 ; 75,5 %. 2023 ; 78,9 %. Ce décalage de plusieurs décennies est important puisqu'il intervient dans une démonstration sur les transformations récentes de la société française.
La règle internationale à laquelle Mélenchon fait vraisemblablement référence est l'article XX, paragraphe b, de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), et non son article V. Cette disposition permet, sous certaines conditions, de prendre des mesures nécessaires à la protection de la santé humaine, animale ou végétale. Mais il ne suffit pas qu'un président proclame l'existence d'un risque sanitaire pour rendre automatiquement légale une interdiction d'importation. La mesure doit notamment respecter les conditions de nécessité et de non-discrimination, et ne pas constituer une restriction commerciale déguisée. La possibilité juridique existe donc, mais la référence est inexacte et les conditions de son application sont considérablement simplifiées.
Les résultats officiels du groupe Caisse des Dépôts pour 2025 indiquent un bilan agrégé de 1 393 milliards d'euros, des fonds propres de 76 milliards et 320 milliards d'actifs sous gestion. Le chiffre de 1 800 milliards avancé par Mélenchon ne correspond donc pas au bilan agrégé publié. Surtout, les montants figurant à l'actif de la Caisse ne constituent pas une réserve d'argent librement mobilisable : ils ont pour contrepartie des dépôts, des engagements et d'autres passifs. La possibilité de réorienter une partie de l'épargne réglementée est un choix de politique économique distinct de la disponibilité immédiate de ces sommes.
Les statistiques officielles du ministère chargé de la Recherche montrent une répartition très différente du crédit d'impôt recherche (CIR). Pour les dépenses de recherche déclarées en 2023 : Secteur d'activité ; Part du CIR-recherche. Industrie manufacturière ; 55,9 %. Services ; 41,4 %. Autres secteurs ; 2,7 %. Les principaux secteurs comprennent notamment l'industrie électrique et électronique, la pharmacie, les services informatiques et l'ingénierie. Il est exact que les grandes entreprises bénéficient d'une part importante du dispositif : 40,7 % de la créance de CIR-recherche. Cela ne signifie pas que les banques et la grande distribution le monopolisent.
La validation sous conditions d’achats de titres publics sur le marché secondaire par la CJUE ne vaut pas autorisation de les effacer. L’article 123 du TFUE interdit le financement monétaire des États ; la portée de cette interdiction sur une annulation fait débat, mais la BCE considère qu’elle contreviendrait au traité. L’annulation ne peut donc être présentée comme une opération déjà autorisée et dépourvue de difficulté juridique ou financière.
Les séries historiques indiquent au contraire une augmentation sensible de cette charge : les intérêts de la dette publique représentaient 0,9 % du PIB en 1975, 1,04 % en 1978, 3,6 % en 1996, 2,2 % en 2025 et environ 2,6 % en 2026 (prévision). La charge actuelle reste certes inférieure à son sommet des années 1990, mais elle est nettement supérieure à celle des années 1970. La distinction est importante : Mélenchon utilise ce rapprochement historique pour relativiser le coût de la dette, alors que la comparaison présentée est incorrecte.
Sur la base de 3 595,5 milliards d’euros de dette, soit 119 % du PIB, une réduction hypothétique de 400 milliards ramènerait la dette à 3 195,5 milliards, soit environ 105,8 % du PIB à production inchangée. Il faudrait retrancher au total un peu plus de 574 milliards pour passer sous 100 %. Le calcul annoncé sous-estime donc le montant nécessaire ; il ne démontre pas non plus la faisabilité juridique ou économique de l’annulation envisagée.
Cette proposition inverse en partie le lien entre déficit et dette. Le déficit public est un flux annuel : il mesure la différence entre les dépenses publiques et les recettes publiques. La dette publique est un stock : elle correspond aux emprunts restant à rembourser. On peut réduire le déficit en augmentant les recettes, en diminuant les dépenses ou en combinant les deux, sans réduire immédiatement la dette. Une diminution du déficit peut seulement ralentir l'accroissement de cette dernière. De même, l'évolution du ratio dette/PIB dépend aussi de la croissance nominale et des opérations financières, pas exclusivement de nouvelles recettes fiscales.
La TVA dépend de taux et de règles de déduction : les entreprises assujetties récupèrent généralement celle payée sur leurs investissements. Un investissement de 100 millions d’euros ne procure donc pas automatiquement 18 millions de recettes nettes à l’État. Les retours fiscaux dépendent de la nature des dépenses, de leur déductibilité et de l’activité supplémentaire engendrée ; ils nécessitent une évaluation économique.
Les centrales concernées appartiennent aux bassins du Dniepr et du Boug méridional, qui débouchent dans la mer Noire, pas directement dans la Méditerranée. Mais cette mer communique bien avec la Méditerranée par le Bosphore, la mer de Marmara et les Dardanelles. Les échanges ne sont pas négligeables : les estimations classiques citées dans la littérature donnent environ 600 km³ par an sortant en surface au Bosphore, avec un courant profond inverse d’environ 300 km³ par an ; ces flux varient. « Plutôt faux » tient compte de cette connexion réelle tout en corrigeant le débouché géographique. Elle ne suffit toutefois pas à prédire l’ampleur, les délais ou l’étendue méditerranéenne d’une contamination radioactive, qui exigeraient une modélisation spécifique.
La première grande expulsion royale documentée des juifs du domaine royal français remonte à 1182, sous Philippe Auguste, et non à l'an 1000. Cette mesure ne concernait d'ailleurs pas tout le territoire de la France actuelle, mais principalement les terres directement administrées par le roi. D'autres expulsions interviendront en 1306, sous Philippe le Bel, puis en 1394, sous Charles VI. La présence juive en France est effectivement beaucoup plus ancienne que ces événements. C'est la date et la portée de l'expulsion évoquée qui posent problème.
Avant Parcoursup, le baccalauréat ouvrait en principe l'accès au premier cycle universitaire. Toutefois, l'inscription dans une université et une filière déterminées était déjà soumise aux capacités d'accueil. Sous le dispositif Admission Post-Bac (APB), certaines licences très demandées recouraient à un tirage au sort pour départager les candidats disposant des mêmes priorités. La Cour des comptes relevait ainsi qu'en 2015, 3 187 bacheliers n'avaient pas pu accéder à la licence de premier choix dans leur académie en raison de cette procédure. La comparaison entre APB et Parcoursup appelle donc une analyse de leurs critères d'affectation et de leur fonctionnement. On ne peut pas affirmer que le libre choix de toute université était garanti auparavant.
Mélenchon présente la propriété et la liberté d'entreprendre comme de simples droits d'usage. Or le droit de propriété est expressément protégé par les articles 2 et 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui appartient au bloc de constitutionnalité. La liberté d'entreprendre bénéficie également d'une protection constitutionnelle, fondée sur l'article 4 de cette Déclaration. Ces droits ne sont pas absolus : le législateur peut y apporter des restrictions justifiées par l'intérêt général, à condition qu'elles soient proportionnées. Il est donc possible de défendre politiquement un encadrement plus strict de l'activité économique. En revanche, qualifier juridiquement la propriété de simple droit d'usage ne correspond pas à l'état du droit français.
Vérifié par la rédaction d’Au crible, le 2 novembre 2026Qualification : « Faux comme description du droit constitutionnel français »lien permanent et partagesignaler une erreur
AppréciationBudget et detteSite
« On reprend 120 milliards d'aides aux entreprises et le déficit disparaît. »
Les 211 milliards d’aides aux entreprises estimés par le Sénat pour 2023 regroupent subventions, allègements de cotisations, dépenses fiscales, prêts et interventions financières. Ces montants ne sont pas tous des dépenses définitives récupérables euro pour euro. Résorber le déficit en reprenant 120 milliards exige donc un chiffrage dispositif par dispositif et une évaluation de leurs effets, plutôt qu’une simple soustraction.
France Assureurs fait état d’un encours de 2 171 milliards d’euros à la fin d’août 2026. Il s’agit de l’épargne accumulée sur les contrats, non de nouveaux versements réalisés pendant un mois ou une année. L’ordre de grandeur est donc pertinent si la citation désigne bien ce stock d’assurance-vie à cette date.
L’épargne retraite investie subit effectivement les marchés : l’OCDE documente des pertes importantes en 2022 puis un rebond en 2023 et 2024. Elle ne conclut pas à la perte systématique de toute l’épargne à chaque crise. L’effet dépend du portefeuille, des garanties, du moment des retraits et du système de retraite. Le risque est réel, mais la formule « dépouillé chaque fois » transforme une exposition variable en conséquence automatique et générale.
Les baisses d'impôts pèsent lourd, mais n'expliquent pas tout le déficit. Selon la Cour des comptes, les mesures fiscales adoptées depuis 2017 réduisent les recettes d'environ 62 milliards d'euros par an (2,2 points de PIB), alors que le déficit public atteint 152,5 milliards d'euros en 2025 (5,1 % du PIB). En comptant des baisses plus anciennes, la part augmente, mais le déficit résulte aussi de la hausse des dépenses et des crises (2009, 2020, 2022) : les assimiler est une simplification.
Donnée de référence : Baisses d'impôts depuis 2017 : environ 62 Md€ par an (Cour des comptes) ; déficit public 2025 : 152,5 Md€ (Insee).
Pour l'État au sens strict (administration centrale), c'est même un peu moins : 22,7 % du PIB en 2025 contre 25,1 % dans l'UE selon Eurostat. Mais la comparaison est fragile (les pays fédéraux ou décentralisés répartissent autrement leurs dépenses), et l'ensemble des dépenses publiques françaises, sécurité sociale comprise, reste parmi les plus élevées d'Europe : 57,3 % du PIB contre 48,9 % en 2024.
Donnée de référence : Administration centrale : 22,7 % du PIB (France) contre 25,1 % (UE) en 2025 ; total des dépenses publiques : 57,3 % contre 48,9 % (Eurostat).
Selon Eurostat, la rémunération des agents de l'ensemble des administrations publiques représente 12,4 % du PIB en 2025, contre 13,5 % en 1995 et 13,3 % en 2020 : la baisse est d'environ un point, pas de six.
Donnée de référence : Rémunération des agents publics : 13,5 % du PIB en 1995, 12,4 % en 2025 (Eurostat).
Selon Eurostat, les dépenses de l'administration centrale sont passées de 24,8 % du PIB en 2005 à 22,7 % en 2025, soit une baisse d'environ 2 points, et non de 7.
Donnée de référence : Dépenses de l'administration centrale : 24,8 % du PIB en 2005, 22,7 % en 2025 (Eurostat).
« Monsieur Fabien Guayet a parlé de 210 milliards d'aide. Le président de cette commission qui est les républicains, donc pas un gauchiste, chevelé, lui parle de 120 milliards. »
Le rapport de la commission d'enquête du Sénat, dont le rapporteur est le communiste Fabien Gay, chiffre les aides publiques aux entreprises à 211 milliards d'euros par an. Son président, Olivier Rietmann (LR), a considéré que les allègements de cotisations (environ 80 milliards) sont des compensations plutôt que des aides, ce qui ramène le total vers 130 milliards. D'autres estimations officielles donnent 112 milliards (Haut-commissariat au Plan) ou environ 150 milliards (Bercy). Le chiffre de 120 milliards attribué au président est donc un ordre de grandeur plausible, pas un chiffre qu'il a publié.
Donnée de référence : 211 Md€ (rapport du Sénat) ; 112 Md€ (Haut-commissariat au Plan) ; environ 150 Md€ (Bercy).
Le chiffre correspond au déficit de l'ensemble des administrations publiques : 152,5 milliards d'euros en 2025 selon l'Insee. Le déficit de l'État seul, au sens du budget, est plus faible : 124,7 milliards d'euros en 2025.
Donnée de référence : Déficit public 2025 : 152,5 Md€ ; solde budgétaire de l'État : −124,7 Md€.
Les deux chiffres cités existent, mais leur soustraction ne dit pas ce qu'elle semble dire. La commission d'enquête du Sénat présidée par Olivier Rietmann, dont Fabien Gay était rapporteur, a évalué en juillet 2025 les aides publiques aux entreprises à 211 milliards d'euros par an, répartis entre plus de 2 200 dispositifs ; le déficit du budget de l'État s'est élevé à 155,9 milliards d'euros en 2024 selon la Cour des comptes. Mais ce total de 211 milliards inclut notamment 77 milliards d'allègements généraux de cotisations patronales : les supprimer reviendrait à augmenter d'autant le coût du travail, avec des effets en chaîne sur l'emploi, les salaires et les recettes publiques. M. Mélenchon présente d'ailleurs lui-même cette réponse comme « très provocante ».
Donnée de référence : Aides publiques aux entreprises : 211 Md€ par an (commission d'enquête du Sénat, juillet 2025) ; déficit du budget de l'État : 155,9 Md€ en 2024 (Cour des comptes).
Le taux d'emprunt de l'État à 10 ans a dépassé 4,10 % à la mi-août 2026, son plus haut niveau depuis 2008, et a continué de monter en septembre. « Les plus élevés » s'entend donc depuis près de vingt ans, pas dans l'absolu : les taux dépassaient 15 % au début des années 1980.
Donnée de référence : OAT à 10 ans : plus de 4,10 % mi-août 2026, plus haut depuis 2008.
La Réserve fédérale achète bien des bons du Trésor américain, 40 milliards de dollars par mois depuis le 12 décembre 2025, pour gérer le niveau des réserves bancaires. Mais ces titres ne sont pas annulés : le Trésor continue de les rembourser et de verser des intérêts, que la Fed reverse ensuite en partie sous forme de bénéfices. Ce n'est pas l'annulation de dette que propose le candidat pour la BCE.
Donnée de référence : Fed : achats de bons du Trésor de 40 Md$ par mois depuis décembre 2025, sans annulation (Fed de New York).
La Commission européenne prévoit un déficit allemand de 3,7 % du PIB en 2026, en raison de la hausse des dépenses militaires et d'investissement ; la Bundesbank anticipe même une aggravation dans les années suivantes.
Donnée de référence : Déficit allemand prévu en 2026 : 3,7 % du PIB (Commission européenne).
Le classement existe bien et situe la France en haut du tableau, mais il n'est plus produit et le chiffre est légèrement arrondi. Dans la dernière édition du rapport Doing Business, la France était 32e sur 190 économies, soit dans les 17 % les mieux classées. La Banque mondiale a arrêté ce classement en septembre 2021, après avoir constaté des irrégularités dans les données, et l'a remplacé par le rapport Business Ready (B-READY). S'appuyer aujourd'hui sur Doing Business, c'est donc citer un indicateur abandonné par son auteur.
Donnée de référence : France : 32e sur 190 économies dans la dernière édition de Doing Business (top 17 %), classement arrêté en 2021.
Plutôt vraiPauvreté et protection socialeSystématique
« Vous avez transféré les recettes de cotisation de la sécurité sociale sur le budget de l'État. Vous avez fait une TVA sociale parce que vous faites payer ces cotisations avec la TVA. »
Les allègements de cotisations (62,2 milliards d'euros en 2025 sur les régimes de base) sont compensés principalement par l'affectation à la Sécurité sociale d'une part de la TVA : 49,3 milliards d'euros en 2025, soit 28,4 % des recettes de TVA. Une part croissante de la protection sociale est donc financée par la TVA. Ce n'est toutefois pas une « TVA sociale » au sens strict, qui suppose une hausse du taux de TVA : les taux n'ont pas été relevés.
Donnée de référence : TVA affectée à la Sécurité sociale en 2025 : 49,3 Md€ (28,4 % de la TVA) ; allègements généraux : 62,2 Md€ (Sénat).
Le déficit de la Sécurité sociale atteint 21,6 milliards d'euros en 2025. Les exonérations de cotisations non compensées par l'État n'en représentent qu'une petite partie : environ 3,2 % des 86,8 milliards d'exonérations, soit moins de 3 milliards. D'autres pertes existent (exemptions d'assiette sur l'épargne salariale ou les primes, compensation par la TVA devenue moins favorable), mais les comptes publiés ne permettent pas d'établir qu'elles couvriraient tout le déficit.
Donnée de référence : Déficit de la Sécurité sociale 2025 : 21,6 Md€ ; exonérations non compensées : 3,2 % de 86,8 Md€.
Selon l'Association des maires de France, 55,3 % des maires élus en 2020 avaient plus de 60 ans (âge moyen : 58,9 ans), et environ 40 % des élus locaux étaient retraités. On est loin de 80 %.
Donnée de référence : Maires de 2020 : 55,3 % de plus de 60 ans, environ 40 % de retraités (AMF).
En 2025, 80,1 % d'une génération obtient le bac : 43,3 % le bac général, environ 15,8 % le bac technologique et 21,0 % le bac professionnel. Les bacheliers technologiques et professionnels font donc près de 37 % d'une génération, auxquels s'ajoutent une grande partie des jeunes sans bac, passés par un CAP ou l'apprentissage. L'ordre de grandeur de la moitié est plausible.
Donnée de référence : Bac 2025 : 43,3 % d'une génération en général, environ 15,8 % en technologique, 21,0 % en professionnel (DEPP).
La licence professionnelle a été créée par l'arrêté du 17 novembre 1999, signé par Claude Allègre, alors ministre de l'Éducation nationale. Jean-Luc Mélenchon n'est devenu ministre délégué à l'Enseignement professionnel qu'en mars 2000 ; son ministère a ensuite installé le comité de suivi du diplôme et accompagné son développement, sans en être à l'origine.
Donnée de référence : Licence professionnelle créée par l'arrêté du 17 novembre 1999 (ministre : Claude Allègre).
Lors de ses rencontres des 26 et 27 août 2026, le président du Medef, Patrick Martin, a proposé de baisser les cotisations sociales de 60 milliards d'euros en finançant cette baisse par une hausse de la TVA d'environ 2,3 points.
Donnée de référence : Proposition du Medef (août 2026) : TVA +2,3 points contre 60 Md€ de baisse de cotisations.
« Vous savez comme moi que vous ne pourrez pas affecter les sommes qui qui sont investisies en Europe autrement que dans le cadre de la concurrence libre et non faussée »
Les traités imposent bien des règles de concurrence, mais ils n'empêchent pas toute préférence européenne : le programme pour l'industrie européenne de défense (EDIP), adopté en novembre 2025, réserve l'essentiel de ses financements aux productions européennes, et le règlement sur l'accélération industrielle de mars 2026 introduit une préférence « made in Europe », même si son application a été repoussée à 2030. Ces mesures ont été prises sans changer les traités.
Donnée de référence : EDIP (novembre 2025) : financements réservés en majorité aux productions européennes ; préférence « made in Europe » prévue par le règlement de mars 2026.
« Pour avoir le même retour sur une retraite qu'on a aujourd'hui par la répartition, il faudrait cotiser deux fois plus que c'est le cas actuellement. »
Ce n'est pas ce que dit la théorie économique : la capitalisation est plus rentable que la répartition dès que le rendement du capital dépasse la croissance de l'économie, ce qui a été le cas en moyenne sur longue période ; elle demanderait alors moins de cotisations pour la même pension, au prix d'un risque financier plus élevé. En revanche, lors d'un passage de la répartition à la capitalisation, une génération doit payer deux fois : les pensions actuelles et sa propre épargne. C'est peut-être ce « double paiement » que vise l'affirmation.
Donnée de référence : Capitalisation plus rentable si le rendement du capital dépasse la croissance ; transition = double paiement pour une génération (Fipeco, COR).
Selon Eurostat, la consommation finale des ménages représente 51,7 % du PIB en 2025, et 54,0 % en y ajoutant les associations au service des ménages. Le chiffre est proche, mais il s'agit de la consommation de tous les ménages, pas seulement des classes populaires.
Donnée de référence : Consommation des ménages : 51,7 % du PIB en 2025, 54,0 % avec les associations (Eurostat).
Quatre réacteurs EPR fonctionnent : deux à Taishan en Chine depuis 2018 et 2019, un à Olkiluoto en Finlande depuis 2023, et celui de Flamanville, raccordé au réseau en décembre 2024, qui a atteint 100 % de sa puissance le 14 décembre 2025. Les EPR2 prévus en France sont une version modifiée qui n'a pas encore été construite, et les chantiers EPR ont connu d'importants retards et surcoûts.
Donnée de référence : EPR en service : Taishan 1 et 2, Olkiluoto 3, Flamanville 3 (100 % de puissance en décembre 2025).
Le risque d'« effet falaise » est reconnu, par exemple par le Sénat : 52 des 56 réacteurs ont été mis en service en une quinzaine d'années et atteindront 60 ans dans les années 2040. Mais cette échéance n'est pas certaine : la prolongation au-delà de 60 ans est à l'étude, et la Cour des comptes la juge rentable.
Donnée de référence : 52 des 56 réacteurs mis en service en une quinzaine d'années ; prolongation au-delà de 60 ans à l'étude (Sénat, Cour des comptes).
Le fonds vert pour les collectivités est passé de 2,5 milliards d'euros en 2024 à 1,15 milliard en 2025 puis 834 millions en 2026 : il a été divisé par trois. Le leasing social n'a plus de crédits dans le budget de l'État depuis 2025, mais il n'a pas disparu : il est désormais financé par les certificats d'économies d'énergie payés par les fournisseurs d'énergie (401 millions d'euros pour l'édition de juillet 2026).
Donnée de référence : Fonds vert : 2,5 Md€ (2024) → 834 M€ (2026) ; leasing social financé hors budget par les certificats d'économies d'énergie.
Le chiffre est même sous-estimé : les dépenses remboursées par l'Assurance maladie pour le diabète dépassent 11 milliards d'euros en 2024, pour 4,3 millions de personnes traitées.
Donnée de référence : Diabète : plus de 11 Md€ de dépenses remboursées en 2024.
Le montant de 19 milliards d'euros correspond au coût estimé de la pollution de l'air intérieur. La pollution de l'air extérieur, dont les particules fines sont la principale cause sanitaire, coûte bien davantage : 68 à 97 milliards d'euros par an en coûts sanitaires selon la commission d'enquête du Sénat de 2015. Les particules fines causent au moins 48 000 décès prématurés par an selon Santé publique France.
Donnée de référence : Pollution de l'air extérieur : 68 à 97 Md€ de coûts sanitaires par an ; air intérieur : 19 Md€ (Sénat).
Selon Eurostat, la France a en 2023 le taux d'accidents du travail mortels le plus élevé de l'UE : 3,60 pour 100 000 personnes en emploi, contre 1,63 en moyenne. Le mode de déclaration français, qui compte aussi des accidents survenus pendant le travail sans en être causés (malaises), gonfle toutefois la comparaison.
Donnée de référence : Accidents du travail mortels 2023 : 3,60 pour 100 000 en France, 1,63 dans l'UE (Eurostat).
Selon l'Office européen des brevets, la France est en 2025 le deuxième pays européen d'origine des demandes de brevet (10 932), derrière l'Allemagne (24 476), et le sixième au monde.
Donnée de référence : Demandes à l'OEB en 2025 : Allemagne 24 476, France 10 932 (INPI).
« La vérité, la période dont je vous ai parlé, c'était 50 % sur la partie qui partait en dividende et 42 sur celle qui partait dans le réinvestissement. »
Le mécanisme a bien existé, mais pas avec ces taux. De 1989 à 1992, les bénéfices distribués étaient taxés à 42 %, et les bénéfices mis en réserve à 39 % (1989), 37 % (1990) puis 34 % (1991). Le taux de 50 % était le taux unique en vigueur jusqu'en 1985.
Donnée de référence : 1989-1991 : 42 % sur les bénéfices distribués, 39 %, 37 % puis 34 % sur les bénéfices réinvestis (administration fiscale).
Le taux normal est bien de 25 % depuis 2022 (15 % pour les PME sur les premiers 42 500 euros de bénéfices). Mais les très grandes entreprises paient en 2025 et 2026 une contribution exceptionnelle qui porte leur taux à environ 27,6 % à 30 % en 2026, et jusqu'à plus de 35 % en 2025 pour les plus grandes.
Donnée de référence : Taux normal de l'IS : 25 % ; contribution exceptionnelle des grandes entreprises en 2025 et 2026.
Dans la nuit du 27 au 28 novembre 2025, l'Assemblée a adopté en première lecture la proposition de loi LFI de nationalisation d'ArcelorMittal France, par 127 voix contre 41 et 42 abstentions (le RN s'est abstenu). C'était une première depuis 1982 ; le texte doit encore passer au Sénat.
Donnée de référence : Vote du 27-28 novembre 2025 : 127 pour, 41 contre, 42 abstentions (LCP, Assemblée nationale).
Les aides sont réelles : ArcelorMittal France a reçu 298 millions d'euros d'aides publiques en 2023, surtout des tarifs d'énergie réduits. Mais « zéro » impôt est inexact : selon son président, auditionné sous serment par le Sénat, l'entreprise a payé 190 millions d'euros d'impôt sur les sociétés en dix ans, pas chaque année, faute de bénéfices certaines années. LFI affirme de son côté qu'aucun impôt net n'a été payé sur les cinq dernières années.
Donnée de référence : ArcelorMittal France : 298 M€ d'aides en 2023, 190 M€ d'impôt sur les sociétés en dix ans (audition au Sénat).
27 août 2026 · Court Philippe-Chatrier, Roland-Garros (Paris) · 10 idées · 23:32 de temps de parole estimé ·
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Le déficit, somme des cadeaux fiscaux
Supprimer toutes les aides aux entreprises effacerait, selon Jean-Luc Mélenchon, le déficit de l’État ; il n’y aura plus aucune aide sans contrepartie.
« le total du déficit aujourd’hui, c’est le total des cadeaux fiscaux qui ont été faits »16:29
Le retour de l’État et la planification écologique
Face au climat, au risque de crise financière et à la bascule du monde vers l’Asie, Jean-Luc Mélenchon oppose la planification écologique et un pôle public de crédit aux baisses d’impôts et de cotisations, appliquées depuis vingt ans sans résultat.
« Je crois à l’État, le retour de l’État et avec lui la planification écologique »16:40
Annuler la dette détenue par la BCE, à l’échelle européenne
La proposition vise la seule dette française détenue par la Banque centrale européenne, à négocier avec d’autres pays de la zone euro ; les créanciers privés ne sont pas visés « à cette étape ».
« Je parle de la dette de la France auprès de la Banque centrale européenne »28:34
Des filières industrielles fixées par l’État
Textile, bois, énergies marines, avion spatial, santé : l’État fixe les objectifs ; une filière professionnelle du CAP à la licence professionnelle.
« nous pouvons reconstituer une industrie textile dans notre pays »1:09:22
Retour à 62 ans, puis à 60 ans
Abrogation de la dernière réforme des retraites, retour à 62 ans dans un premier temps avec l’objectif de 60 ans ; le temps libre des retraités est présenté comme du travail civique, familial et associatif.
« nous reviendrons dans un premier temps à 62 ans »1:12:40
Désobéir aux règles européennes contraires au programme
Changer les traités pour sortir du libre-échange, contrôler strictement les investissements étrangers et désobéir à ce qui contredit le programme voté par les Français.
Les exonérations de cotisations compensées par l’État seraient progressivement supprimées en trouvant d’autres recettes ; refus de la TVA sociale et de la retraite par capitalisation.
Reprendre la sidérurgie, dont la nationalisation a été votée par l’Assemblée nationale : sans acier, pas de réindustrialisation.
« pas d’acier, pas de réindustrialisation dans ce pays »2:39:35
Taxer davantage les dividendes que l’investissement
Un impôt sur les sociétés progressif, plus lourd sur les bénéfices distribués que sur les bénéfices réinvestis, et une contribution des grands groupes qui paient peu d’impôt.
« on taxerait davantage ce qui part dans la finance que ce qui va dans l’outil de production »2:59:05
Résumé rédigé par Au crible. Chaque citation figure mot pour mot dans les sous-titres automatiques de la vidéo ; la vidéo fait foi.