Les vérifications de presse sont choisies par les rédactions : elles ne mesurent pas la fiabilité globale. Pourquoi ?
Plutôt vraiBudget
Systématique
« C'est un état voraace qui dévore plus de 57 % de la richesse des Français »
Le chiffre est exact : l'Insee mesure des dépenses des administrations publiques à 57,3 % du PIB en 2025. Mais ce ratio ne dit pas que l'État « dévore » cette part de la richesse : une grande partie de ces dépenses sont des transferts (retraites, prestations) qui reviennent aux ménages, et le ratio rapporte des dépenses au PIB sans être une part de celui-ci.
Donnée de référence : Dépenses publiques : 57,3 % du PIB en 2025 (Insee).
Plutôt fauxDette
Systématique
« les taux d'intérêt n'ont jamais été aussi élevés »
Les taux montent fortement : l'emprunt d'État à 10 ans a dépassé 4,10 % à la mi-août 2026, son plus haut niveau depuis 2008. Mais « jamais » est faux : ces taux dépassaient 15 % au début des années 1980 et restaient au-dessus de 8 % au début des années 1990.
Donnée de référence : OAT à 10 ans : plus de 4,10 % mi-août 2026 (plus haut depuis 2008), contre environ 16 % en 1981.
TrompeurNiveau de vie
Systématique
« jamais les Français n'ont été aussi pauvres »
Le taux de pauvreté a bien atteint 15,4 % en 2023, son plus haut niveau depuis le début de la série en 1996 (9,8 millions de personnes). Mais le niveau de vie médian, lui, a progressé plus vite que l'inflation la même année (+0,9 % en euros constants) et reste bien supérieur à celui des décennies passées : les Français ne sont pas globalement « plus pauvres que jamais ».
Donnée de référence : Taux de pauvreté 2023 : 15,4 %, record depuis 1996 ; niveau de vie médian en hausse de 0,9 % en euros constants (Insee).
TrompeurNiveau de vie
Systématique
« Le niveau de vie des Français désormais est en dessous du niveau de vie moyen des Européens. »
Les deux mesures usuelles ne disent pas la même chose, et l'expression employée renvoie à celle qui contredit l'affirmation. Le « niveau de vie » est un indicateur précis : le revenu disponible par unité de consommation. Sur cet indicateur, l'Insee mesure un niveau de vie moyen de 29 297 euros en France en 2023, contre 24 473 euros dans l'Union européenne ; corrigé des différences de prix, 26 621 contre 24 062. La France est donc nettement au-dessus de la moyenne européenne. En revanche, le PIB par habitant en standards de pouvoir d'achat est passé légèrement sous la moyenne de l'UE (indice 98 pour 100 en 2024, troisième année consécutive) : c'est probablement à cette mesure que renvoie l'affirmation, mais ce n'est pas le niveau de vie.
Donnée de référence : Niveau de vie moyen 2023 : 29 297 € en France, 24 473 € dans l'UE (Insee, France, portrait social).
Plutôt vraiTravail
Systématique
« Il nous manque 3 semaines par rapport aux Européens dans une année. »
Pour un salarié à temps complet, la durée effective annuelle est de 1 664 heures en France contre 1 784 heures en moyenne dans l'UE en 2024, soit 120 heures d'écart, environ trois semaines. L'écart ne vaut pas pour tous les actifs : les salariés à temps partiel travaillent un peu plus en France que la moyenne européenne.
Donnée de référence : Salariés à temps complet, 2024 : 1 664 h en France contre 1 784 h dans l'UE (Rexecode, d'après Eurostat).
FauxTravail
Systématique
« Il nous demande il nous manque 3 années dans une vie. »
Selon Eurostat, la durée de vie active attendue à 15 ans est de 37,5 ans en France en 2025, exactement la moyenne de l'Union européenne (37,5 ans). L'écart de trois ans n'existe qu'avec quelques pays comme l'Allemagne (40 ans en 2024) ou les Pays-Bas.
Donnée de référence : Durée de vie active attendue en 2025 : 37,5 ans en France comme dans l'UE (Eurostat).
Plutôt vraiRetraites
Systématique
« la retraite c'est un/4 de la dépense publique »
L'ordre de grandeur est juste. Les pensions de retraite représentaient 13,4 % du PIB en 2022 selon la Drees, et la dépense publique totale s'est élevée à 1 672 milliards d'euros en 2024, soit 57,0 % du PIB, selon l'Insee. Le rapport entre les deux est de l'ordre de 23 à 25 % selon le périmètre retenu pour les pensions. « Un quart » est donc une approximation acceptable, dans la fourchette haute.
Donnée de référence : Pensions de retraite : 13,4 % du PIB (Drees, 2022) ; dépense publique totale : 57,0 % du PIB (Insee, 2024).
Plutôt vraiRetraites
Systématique
« quand je suis né, il y avait quatre cotisans pour un retraité et aujourd'hui un peu plus de 15, un peu plus de 16 »
Le rapport démographique était d'environ quatre cotisants par retraité au début des années 1960. Il est aujourd'hui de 1,79 (30,4 millions de cotisants pour 17,1 millions de retraités en 2023, selon le COR) : la baisse est réelle et forte, mais le chiffre actuel cité est un peu sous-estimé.
Donnée de référence : Rapport démographique : environ 4 au début des années 1960, 1,79 en 2023 (COR).
Plutôt fauxRetraites
Systématique
« une disposition qui avait été à l'époque décidée par François Fillion dans le code du travail qui n'a jamais été activé »
La loi du 21 août 2003 (réforme Fillon) a bien lié les paramètres de la retraite à l'espérance de vie, mais par la durée de cotisation et non par l'âge : les gains d'espérance de vie étaient partagés entre deux tiers de travail et un tiers de retraite. Ce mécanisme a été appliqué, la durée requise passant à 41 ans en 2012, avant d'être remplacé par le calendrier fixé en 2014. Il figure dans la loi sur les retraites, pas dans le code du travail.
Donnée de référence : Loi n° 2003-775 : durée d'assurance ajustée à l'espérance de vie (règle des deux tiers), appliquée jusqu'en 2014.
FauxÉconomie
Systématique
« On a moins de productivité par rapport à tous les autres pays européens. »
Selon Eurostat, la productivité par heure travaillée en France atteint 114,7 % de la moyenne de l'UE en 2025, au-dessus de l'Italie (95,9) et de l'Espagne (95,6), en dessous de l'Allemagne (124,2). La France n'est donc pas derrière tous les pays européens, même si ses gains de productivité ont ralenti depuis 2019.
Donnée de référence : Productivité horaire 2025, UE = 100 : France 114,7 ; Allemagne 124,2 ; Italie 95,9 ; Espagne 95,6 (Eurostat).
Plutôt vraiÉnergie
Systématique
« je n'ai jamais proposé le moratoire sur les énergies renouvelables »
Dans sa tribune de juillet 2025, cosignée avec François-Xavier Bellamy et Julien Aubert, il réclamait la fin des subventions publiques à l'éolien et au photovoltaïque, pas un moratoire. En revanche, le moratoire sur l'éolien et le solaire voté à l'Assemblée en juin 2025 était porté par un député de son parti, Jérôme Nury, avec le soutien du RN.
Donnée de référence : Tribune de juillet 2025 : « fin des subventions » aux renouvelables ; amendement de moratoire porté par un député LR en juin 2025.
VraiÉnergie
Systématique
« une électricité qui est en plus à 95 % descarbonés »
Selon RTE, 95,2 % de l'électricité produite en France continentale en 2025 était bas carbone (nucléaire et renouvelables), un record.
Donnée de référence : Production bas carbone 2025 : 521,1 TWh, soit 95,2 % de la production (RTE).
VraiEurope
Systématique
« le groupe parlementaire au Parlement européen a voté massivement contre l'omnibus »
Lors du vote du 13 novembre 2025 sur la position du Parlement européen, le groupe Renew a voté majoritairement contre (46 contre, 17 pour), et les 13 eurodéputés français de ce groupe, dont ceux de Renaissance, ont tous voté contre.
Donnée de référence : Vote du 13 novembre 2025 : Renew 46 contre, 17 pour ; eurodéputés français de Renew : 13 contre sur 13 (données du Parlement européen).
VraiEntreprises
Systématique
« Le fameux rapport du Sénat qui a été tout à l'heure pointé d'un sénateur communiste. Les 210 milliards d'aide aux entreprises. »
La commission d'enquête du Sénat, présidée par Olivier Rietmann (LR), a eu pour rapporteur le sénateur communiste Fabien Gay ; son rapport, publié le 8 juillet 2025, évalue les aides publiques aux entreprises à 211 milliards d'euros par an.
Donnée de référence : Rapport du Sénat du 8 juillet 2025 : 211 milliards d'euros par an ; rapporteur Fabien Gay (PCF), président Olivier Rietmann (LR).
VraiEntreprises
Systématique
« Est-ce que les 80 milliards d'allègement de charge sont une aide aux entreprises ? »
Les allègements généraux de cotisations patronales représentent de l'ordre de 80 milliards d'euros par an, selon la Cour des comptes, qui souligne leur forte progression depuis 2014.
Donnée de référence : Allègements généraux de cotisations : environ 80 milliards d'euros (Cour des comptes, 2025).
Plutôt vraiFiscalité
Systématique
« il était taxé à zéro lorsqu'il a été créé, aujourd'hui à 20 % »
Le taux normal du forfait social est bien de 20 % depuis le 1er août 2012. Mais il n'était pas nul à sa création en 2009 : il était de 2 %, puis a été relevé chaque année (4 %, 6 %, 8 %) avant de passer à 20 %. L'ordre de grandeur de la hausse est juste, le point de départ inexact.
Donnée de référence : Forfait social : 2 % en 2009, 20 % depuis août 2012 (Commission des comptes de la Sécurité sociale).
InvérifiableFiscalité
Systématique
« la surfiscalisation de l'entreprise française globalement c'est 110 milliards »
Il n'existe pas de chiffrage officiel de cet écart : les estimations publiées varient fortement selon le périmètre retenu (impôts de production seuls, cotisations employeurs, impôt sur les sociétés) et la zone de comparaison, de l'ordre de 70 milliards pour les seuls impôts de production à plus de 150 milliards pour l'ensemble des prélèvements, selon des instituts d'orientation libérale.
Donnée de référence : Estimations publiées : de 70 à plus de 150 milliards d'euros selon le périmètre (iFRAP, Fipeco).
Plutôt vraiTravail
Systématique
« comme l'avait proposé d'ailleurs il y a quelques années Robert Badinter. 50 fondamentaux du travail »
Le rapport remis par Robert Badinter au Premier ministre le 25 janvier 2016 proposait 61 principes essentiels du droit du travail, et non 50. L'idée rapportée est juste, le nombre approximatif.
Donnée de référence : Rapport Badinter (25 janvier 2016) : 61 principes essentiels du droit du travail.
VraiRetraites
Systématique
« dans la fonction publique, il y a un étage de capitalisation individuel et collectif »
Depuis 2005, les fonctionnaires cotisent obligatoirement à la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP), un régime par points fonctionnant par capitalisation, qui porte sur leurs primes ; des dispositifs individuels facultatifs existent aussi.
Donnée de référence : RAFP : régime obligatoire par points et par capitalisation, créé en 2005.