Banc d’essai · Fiscalité
Taxer davantage les très gros héritages
L’héritage pèse de plus en plus dans la constitution des patrimoines. Le Conseil d’analyse économique recommandait dès 2021 de réduire les principales exonérations et de mieux taxer les plus grosses transmissions, tout en allégeant les plus modestes.
Qui est pour, qui est contre
« Il faut taxer davantage les très gros héritages, par exemple par une contribution sur les successions de plus de 2 millions d'euros. »
Pour 9 dont 3 déduites
- Olivier Faure tout à fait d’accord
- Raphaël Glucksmann tout à fait d’accord
- Jean-Luc Mélenchon tout à fait d’accord
- Fabien Roussel tout à fait d’accord
- François Ruffin tout à fait d’accord
- Marine Tondelier tout à fait d’accord
- Jérôme Guedj plutôt d’accord
- François Hollande plutôt d’accord
- Dominique de Villepin plutôt d’accord
Contre 7 dont 2 déduites
- David Lisnard pas du tout d’accord
- Édouard Philippe pas du tout d’accord
- Bruno Retailleau pas du tout d’accord
- Gabriel Attal plutôt pas d’accord
- Nicolas Dupont-Aignan plutôt pas d’accord
- Marine Le Pen plutôt pas d’accord
- Éric Zemmour plutôt pas d’accord
Trait plein : position du candidat lui-même (déclaration, débat, vote). Trait pointillé : position déduite d’une synthèse, d’un relevé tiers ou du vote de son groupe, comptée pour moitié dans les notes.
Le Conseil d'analyse économique relevait en 2021 que l'héritage pèse de plus en plus dans les patrimoines, et recommandait de réduire les principales exonérations et de mieux taxer les plus gros héritages, tout en allégeant les plus modestes (note n° 69, « Repenser l'héritage »).
Chaque position, avec son origine et sa source
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Olivier Faure : Tout à fait d’accord position du candidat « L'héritage est ce qu'il y a de moins libéral, puisque ce n'est pas sur la base de l'effort ou du travail qu'une fortune se crée » : il défend une taxation accrue des héritages, sans barème précis à ce stade.
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Raphaël Glucksmann : Tout à fait d’accord position du candidat Veut taxer les « méga-héritages », le 1 % des plus grosses successions, avec un barème progressif à partir de 2 millions d'euros, pour 15 milliards d'euros par an reversés en salaire net ; des économistes jugent ce rendement optimiste.Fiscalité, école, immigration : ce que propose Raphaël Glucksmann (Public Sénat, 24/08/2026)
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Jean-Luc Mélenchon : Tout à fait d’accord position du candidat Son mouvement veut un barème plus progressif, calculé sur tout ce qu'une personne reçoit au cours de sa vie, et un héritage maximal : « À 12 millions d'euros, on prend tout ».
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Fabien Roussel : Tout à fait d’accord position déduite D'après le relevé de MonVote2027 : propose de transformer les exonérations successorales et de doubler les tranches du barème.Fabien Roussel : positions documentées (MonVote2027, 19/09/2026)
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François Ruffin : Tout à fait d’accord position du candidat Pour sur « L'article 3 de la proposition de loi visant à réformer la fiscalité des droits de succession… » (20 janvier 2022).
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Marine Tondelier : Tout à fait d’accord position du candidat « La grande transmission doit financer la grande transition » : son parti propose une contribution de 10 % sur les héritages de plus de 4 millions d'euros, qui rapporterait selon lui 15 milliards d'euros par an.
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Jérôme Guedj : Plutôt d’accord position déduite D'après le relevé de MonVote2027 : défend une fiscalité plus juste sur les très hauts patrimoines.Jérôme Guedj : positions documentées (MonVote2027, 19/09/2026)
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François Hollande : Plutôt d’accord position du candidat Propose de taxer davantage les patrimoines et héritages de plus de 10 millions d'euros : même logique, avec un seuil bien plus haut que dans l'énoncé.
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Dominique de Villepin : Plutôt d’accord position déduite D'après le relevé de MonVote2027 : propose une « imposition unique renforcée des successions ».Dominique de Villepin : positions documentées (MonVote2027, 19/09/2026)
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David Lisnard : Pas du tout d’accord position déduite D'après le relevé de MonVote2027 : veut supprimer les taxes sur la fortune et les successions.David Lisnard : positions documentées (MonVote2027, 19/09/2026)
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Édouard Philippe : Pas du tout d’accord position du candidat « Je pense au contraire qu'il faut permettre la transmission du patrimoine beaucoup plus vite et beaucoup plus tôt pour aider la jeunesse » : il propose de relever les plafonds des donations pendant les trois premières années du quinquennat.
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Bruno Retailleau : Pas du tout d’accord position du candidat « Je ne serai pas le président qui augmentera les droits de succession mais celui qui les baissera », au maximum possible : « On taxe un patrimoine qui a déjà été taxé cent fois, mille fois » ; traiter ceux qui veulent transmettre « comme des vaches à lait », « c'est de la pure injustice ».« Je serai le président qui baissera les impôts de succession » (entretien à L'Opinion) (Les Républicains, 26/08/2026)
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Gabriel Attal : Plutôt pas d’accord position du candidat « Je souhaite que si des personnes veulent que ce soit leurs petits-enfants qui héritent davantage, ce soit possible » : il plaide pour que l'argent circule plus vite entre générations, avec une fiscalité allégée ; rien sur une taxation accrue des plus gros héritages.
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Nicolas Dupont-Aignan : Plutôt pas d’accord position déduite D'après le relevé de MonVote2027 : veut exonérer la résidence principale et relever l'abattement à 500 000 euros.Nicolas Dupont-Aignan : positions documentées (MonVote2027, 19/09/2026)
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Marine Le Pen : Plutôt pas d’accord position du candidat Son parti propose de supprimer les droits de succession pour les familles modestes et les classes moyennes et de relever les abattements sur les donations ; rien sur une taxation accrue des plus gros héritages.
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Éric Zemmour : Plutôt pas d’accord position du candidat Son programme de 2022 double l'abattement sur les successions en ligne directe, porté à 200 000 euros par enfant : il allège les droits plutôt que de taxer davantage les plus gros héritages.Éric Zemmour : son programme pour la présidentielle 2022 (impôts, retraites, pouvoir d'achat) (Toutsurmesfinances, 2022)
- Repenser l'héritage (note n° 69) (Conseil d'analyse économique, 12/2021)
Ce que disent ceux qui sont pour
Limiter la reproduction des inégalités de patrimoine d'une génération à l'autre.
Ce que disent ceux qui sont contre
L'impôt sur les successions est déjà élevé en France et très impopulaire ; il pèserait sur la transmission des entreprises familiales.
Comment ils disent la financer
Là encore, il s’agit d’une recette. Le rendement dépend entièrement des exonérations que l’on touche ou non : pactes Dutreil sur les transmissions d’entreprises, assurance-vie, démembrement de propriété. Aucun des candidats favorables n’a publié, dans nos sources, la liste des exonérations qu’il supprimerait.
- Parmi les 9 candidats favorables à cette mesure, 9 soutiennent aussi : « Il faut créer un impôt minimum de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros (« taxe Zucman »). » Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel, François Ruffin, Marine Tondelier, Dominique de Villepin.
Ce rapprochement est calculé à partir des positions documentées : il montre si la recette existe dans le programme de ceux qui portent la dépense, il ne leur fait pas dire qu’ils financent l’une par l’autre.
Notre appréciation
L’appréciation d’Au crible
- Applicable dans le mandatUne loi, un décret ou un arbitrage budgétaire suffit.
- Financement partiellement chiffréUn ordre de grandeur existe, mais il ne couvre pas tout, ou il dépend de paramètres non publiés.
- Cohérent avec les travaux de référenceVa dans le sens des rapports publics cités sur le sujet.
Cohérent avec la recherche économique, mais inchiffrable tant que les exonérations ne sont pas nommées.
C’est l’une des rares mesures où une institution publique a déjà tracé le chemin : le Conseil d’analyse économique propose de viser les exonérations plutôt que les taux affichés, précisément parce que l’écart entre le barème théorique, jusqu’à 45 %, et l’impôt réellement payé sur les grandes transmissions vient de ces dispositifs. Une hausse des taux sans révision des exonérations frapperait donc surtout les transmissions moyennes, celles qui ne peuvent pas s’organiser à l’avance. C’est l’inverse de l’intention affichée. Tant que les candidats n’écrivent pas quelles exonérations ils ferment, la mesure reste une intention dont le rendement est inconnu.
- Repenser l’héritage (note n° 69) (Conseil d’analyse économique, 12/2021)
Ces trois étiquettes ne disent pas si la mesure est bonne : elles disent si elle est applicable, si elle est chiffrée, et si elle va dans le sens des rapports publics. Elles n’entrent dans aucune note du site, et une erreur se signale à la rédaction.