Banc d’essai · Immigration

Remplacer l’aide médicale d’État par une aide aux soins urgents

L’aide médicale d’État prend en charge les soins des étrangers en situation irrégulière présents depuis au moins trois mois, sous conditions de ressources. Sa transformation en aide limitée aux soins urgents revient dans le débat à chaque budget.

1,39 Md€coût de l’aide médicale d’État en 2024, en hausse de 15,5 % sur un an Rapport d’information sur l’aide médicale d’État (n° 841, 2024-2025) (Sénat, commission des finances (Vincent Delahaye), 09/07/2025)
465 744bénéficiaires au 30 septembre 2024 Rapport d’information sur l’aide médicale d’État (n° 841, 2024-2025) (Sénat, commission des finances (Vincent Delahaye), 09/07/2025)

Qui est pour, qui est contre

« Il faut remplacer l'aide médicale d'État (AME) par une aide limitée aux soins urgents. »

Pour 6 dont 3 déduites

Contre 11 dont 8 déduites

Trait plein : position du candidat lui-même (déclaration, débat, vote). Trait pointillé : position déduite d’une synthèse, d’un relevé tiers ou du vote de son groupe, comptée pour moitié dans les notes.

Chaque position, avec son origine et sa source

Ce que disent ceux qui sont pour

Réduire un coût pour les finances publiques et ce qui est présenté comme un facteur d'attractivité de l'immigration irrégulière.

Ce que disent ceux qui sont contre

Risques sanitaires liés aux maladies non soignées à temps, report des coûts vers les urgences hospitalières.

Comment ils disent la financer

La mesure est présentée comme une économie, pas comme une dépense. Aucun chiffrage public n’établit le montant réellement économisé, puisque les soins urgents et la maternité resteraient pris en charge par un autre dispositif.

Ce rapprochement est calculé à partir des positions documentées : il montre si la recette existe dans le programme de ceux qui portent la dépense, il ne leur fait pas dire qu’ils financent l’une par l’autre.

Notre appréciation

L’appréciation d’Au crible

Rendement budgétaire faible et incertain, effets sanitaires documentés par le rapport commandé par le gouvernement.

Le coût du dispositif est connu et il augmente : 1,39 milliard d’euros en 2024, pour 465 744 bénéficiaires. Mais l’économie attendue est bien inférieure à ce montant, puisque les soins urgents, les maladies transmissibles et la maternité resteraient pris en charge, et que les prises en charge tardives arrivent aux urgences, où elles coûtent plus cher. Le rapport commandé par le gouvernement à Claude Évin et Patrick Stefanini, remis en décembre 2023, conclut que le dispositif est utile, globalement maîtrisé et qu’il répond à des enjeux de santé publique ; il recommande des ajustements de gestion, pas sa suppression. Notre appréciation : l’effet symbolique est fort, le gain budgétaire faible, et le risque sanitaire est celui d’un report de dépense de la ville vers l’hôpital.

Ce sur quoi nous nous appuyons :
  1. Rapport d’information sur l’aide médicale d’État (n° 841, 2024-2025) (Sénat, commission des finances (Vincent Delahaye), 09/07/2025)
  2. Rapport sur l’aide médicale de l’État (Claude Évin et Patrick Stefanini, 12/2023)

Ces trois étiquettes ne disent pas si la mesure est bonne : elles disent si elle est applicable, si elle est chiffrée, et si elle va dans le sens des rapports publics. Elles n’entrent dans aucune note du site, et une erreur se signale à la rédaction.